« LA CRISE SANITAIRE NE DOIT PAS SERVIR D’EXCUSE À LA LIBÉRATION DE HABRÉ »

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Clément Abaïfouta, Président de l’AVCRHH

Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de l’organisation des Nations Unies exhorte les gouvernements à travailler à réduire le nombre de personnes en détention en cette période de pandémie de Covid 19 afin de réduire les risques de contagion. Il cible en exemple les détenus âgés et malades.

Au Sénégal, le cas de l’ancien président tchadien, condamné à la peine de travaux forcés à perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires se pose. Ce, du fait de son âge et de son état de santé qui, selon ses avocats et les membres de sa famille, serait fragile. Alors qu’aucune décision n’a été prise au Sénégal suite à cette requête du Haut-commissaire des Nations Unies, les victimes tchadiennes de Hissein Habré montent au créneau pour s’opposer à toute libération de ce dernier. « La crise sanitaire ne doit pas servir d’excuse à la libération anticipée de Hissein Habré », a d’emblée soutenu Clément Abaïfouta Président de l’Association des victimes tchadiennes du régime de Hissein Habré (AVCRHH).

Il rappelle que depuis sa condamnation, ses soutiens réclament sa libération pour des motifs fallacieux, comme de fausses rumeurs de maladie. La pandémie du Covid-19, a entrainé de nouveaux appels pour sa libération, notamment suite à une déclaration récente de l’ONU. Mais, précise le président des victimes, « la détention de Hissein Habré ne correspond pas à la situation de risque de contamination au sein des prisons décrite par l’ONU. Hissein Habré est détenu seul dans une cellule, avec, comme il se doit, de bonnes conditions d’hygiène, et a accès au système de santé. Il n’est pas en contact avec d’autres détenus et ne risque donc pas d’être contaminé à cause de la promiscuité qui existe dans beaucoup de prisons. Il semble donc suffisamment protégé du virus ». Il ajoute : « Hissein Habré a notamment été condamné pour crimes contre l’humanité, torture, esclavage forcé et pratique massive d’exécutions sommaires, soit des crimes qui nécessitent une sanction exemplaire ».

Ainsi, il pense que la présence de Hissein Habré en prison est donc toujours justifiée, d’autant qu’il continue de refuser d’indemniser ses victimes. « Les victimes, dont beaucoup vivent dans la précarité et n’ont pas accès aux soins médicaux, rappellent que les Chambres africaines extraordinaires ont condamné Habré à verser plus de 80 milliards de francs CFA à celles et ceux qu’il a fait torturer, violer et disparaitre. En trois ans, il n’a toujours pas versé un seul centime », rappelle le président des victimes.

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