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LA DÉCADENCE CONTINUE

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Yewwi askan wi a pris le pouvoir local. Qui peut mener aux autres pouvoirs. Voilà pourquoi ce scrutin du 23 janvier 2022 avait aussi une dimension nationale. A son issue, des partis et des hommes, et pas de moindres, sont envoyés à la retraite. Le Pds, l’Afp et le Ps font partie de ce lot des sinistrés.

Pds, qui va rallumer la flamme

La curiosité de ce scrutin était aussi de savoir ce que pèse encore un Pds qui n’avait pas été au rendez-vous de 2019 après l’invalidation de la candidature de Karim Wade. Entre-temps, il avait perdu ses plus fidèles, les derniers sont Omar Sarr, Babacar Gaye, Me El Hadji Amadou Sall. C’est pourquoi d’ailleurs, Abdoulaye Wade- ou parait-il Karim Wade- n’ont pu miser que sur un Doudou Wade. Un choix de confiance sans doute pour la ville de Dakar. A l’épreuve, le Pds aura encore perdu du terrain. La preuve, ce qui lui restait dans la banlieue, notamment avec Dr Cheikh Dieng à Djeddah Thiaroye Kaw, est aujourd’hui entre d’autres mains. Et même Bara Gaye, qui avait boudé son parti a pris sa revanche sur son ex(?) parti. Face à un ministre comme Amadou Hott, il n’avait d’autre choix que de s’appuyer sur Yewwi askan wi, qui, elle aussi y trouvait son compte. Il a gagné ce pari et c’est un résultat qui va dicter son divorce concret avec Karim Wade et le Pds. Quelle flamme pour rallumer ce Pds sans leader, sans parrain ? Il est en chute libre. Même s’il n’est pas le seul.

Ps et Afp, même destin

C’était un pari entre les différentes forces politiques de Benno bokk yaakaar depuis le second tour de la Présidentielle de 2012. Feu Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse et Macky Sall l’ont réussi. La longévité de la coalition présidentielle s’explique par ce gentleman agreement entre le Parti socialiste (Ps), l’Alliance des forces de progrès (Afp) et l’Alliance pour la République (Apr). Sauf que dès les premiers rendez-vous électoraux, les ambitions des uns et des autres ont fait éclater le « contrat ». Entre 2012 et 2019, le Président Macky Sall a su diviser ses alliés, disperser leurs forces. Le Ps et la rébellion de Khalifa Sall. L’Afp et la défiance de Malick Gakou. Aminata Mbengue Ndiaye n’a hérité que d’un Ps squelettique qui ne peut plus rien refuser à Macky Sall. La capitulation- le réalisme pour d’autres- de Abdoulaye Wilane devant Abdoulaye Sow en est la parfaite illustration. Pourtant, en tant que maire sortant, le porte-parole du Ps avait bien à défendre son bilan. Mais ce parti historique risque de mourir avec sa très prochaine bataille de succession à Tanor. Au sortir de ces Locales, la légitimité de la Secrétaire générale du Ps va être en jeu.

Tout comme Moustapha Niasse n’a pu résister aux apéristes qui ont arraché les investitures de Bby à Nioro par exemple où le Président Sall a préféré Momath Ba de l’Apr au sortant Abdoulaye Ba de l’Afp. Comme en 2014 d’ailleurs lorsque le maire progressiste de Pikine a vu son nom retiré à la dernière minute au profit de Abdoulaye Thimbo. L’Afp n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Si le président de l’Assemblée nationale a déjà annoncé son départ à la retraite. « Les personnes de mon âge sont prêtes à passer le flambeau (…). Il est temps que les jeunes soient au-devant. C’est le congrès qui va être organisé au 1er semestre de 2022 qui va décider », avait promis Moustapha Niasse lors du dernier Appel du 16 juin. La perte des Locales du 23 janvier par Benno bokk yaakaar semble signer non seulement cette retraite de Niasse, mais une décadence continue de l’Afp et du Ps. Par conséquent, la recomposition inéluctable autour de Macky Sall devrait se faire sans ces deux partis. La fidélité en politique a ses limites que le réalisme politique ignore. Le chef de l’Etat est condamné à composer avec d’autres forces. Mais à quel prix ? Là est la grande question.

Hamath KANE

25 janvier 2022


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