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LA DÉCLARATION DE DAKAR ADOPTE LE « BLUE DEAL »

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Blue deal. C’est le mot clé de la Déclaration de Dakar qui a sanctionné le 9e Forum mondial de l’eau qui s’est tenu du 21 au 26 mars 2022. Il s’agit, à travers ce concept, d’assurer la sécurité de l’eau et de l’assainissement pour la paix et le développement.

Le 9e Forum mondial de l’eau (Fme), à Dakar, a baissé les rideaux hier. A cette occasion, les organisateurs ont fait une importante déclaration intitulée un « Blue deal » pour la sécurité de l’eau et de l’assainissement pour la paix et le développement. Selon Abdoulaye Sène, secrétaire exécutif du 9e Forum mondial de l’eau et Patrick Lavard du Conseil mondial de l’eau, quatre grands axes ont été déclinés au cours de cette semaine. Il s’agit d’accélérer l’application du droit à l’eau potable et à l’assainissement pour tous en se dotant de cadres législatifs adaptés. Ils ont également insisté sur la nécessité de mobiliser tous les acteurs à travers des stratégies intégrées et inclusives.

Selon Abdoulaye Sène, le texte est le fruit de trois années de préparation et d’une semaine d’échanges intenses de réflexions et d’engagements pour la cause de l’eau. Le « Blue deal » est appelé à favoriser l’application du droit international humanitaire, en particulier les protocoles additionnels aux Conventions de Genève de 1949, qui prévoient la protection des systèmes d’adduction d’eau et d’assainissement qui sont considérés comme vitaux en temps de conflits. Le document indique aussi que les acteurs de l’eau, sous l’égide du Conseil mondial de l’eau, sont invités à adopter des plans de gestion durable et intégrée pour préserver les ressources en eau et les écosystèmes et garantir la résilience face aux changements climatiques et à la pression démographique.

Développer des emplois « bleus » et « verts »

Pour le secrétaire exécutif dudit forum, des stratégies seront mises en place pour sensibiliser sur ces problématiques pour susciter une évolution vers des modes de production et de consommation plus durables et responsables. En se basant sur la déclaration, il met l’accent sur l’importance de renforcer la protection des zones humides et d’inciter à la conservation des systèmes d’eau traditionnels, au recyclage et à la réutilisation des eaux usées traitées. Lors de la cérémonie de clôture, Abdoulaye Sène a évoqué la nécessité de mobiliser des ressources financières publiques adéquates, ainsi que celles des partenariats au développement pour investir dans les infrastructures d’eau et d’assainissement, et développer des emplois « bleus » et « verts », en faveur des jeunes, des femmes et du monde rural en particulier.

Faire évoluer les modèles de financement

Le co-président du Forum, Philippe Lagarde du Conseil mondial de l’eau demande d’encourager la mise en place de mécanismes de financement innovants, ainsi que les investissements du secteur privé dans les domaines de l’eau et de l’assainissement. Il a plaidé pour la mise en œuvre effective du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, en particulier l’investissement dans les infrastructures de l’eau et de l’assainissement. Les parties prenantes de la déclaration, dont le Conseil mondial de l’eau, les gouvernants et les communautés se sont engagés à faire évoluer les modèles de financement international pour générer davantage les investissements dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Les deux présidents du Forum ont lancé un appel pour garantir la disponibilité de la ressource ainsi que la résilience. Après la cérémonie, ils ont fait face à la presse pour dire que ce forum a été un « succès historique ». Selon eux, 8000 personnes ont pris part à ce rendez-vous organisé dans un contexte difficile dû à la pandémie de Covid-19. Toutefois, les organisateurs pensent que ce forum sera le « forum des solutions ».

Par Cheikh Moussa SARR

26 mars 2022


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