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LA GAMBIE FACE Á UNE CRISE HUMANITAIRE AIGUË

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C’est une crise humanitaire à laquelle le petit pays anglophone incrusté dans le Sénégal n’était pas préparé. Selon les dernières statistiques de l’Agence gambienne de la protection civile, ce sont environ 10 000 personnes qui ont été contraintes de se déplacer. Composées majoritairement de déplacés internes, puis de réfugiés sénégalais et d’autres issus de diverses nationalités, ces victimes collatérales des opérations de sécurisation dans le nord Sindian, peinent à se nourrir et à se loger. Les organisations humanitaires tentent de s’organiser en concoctant un plan trimestriel pour gérer la crise aux portes de la Gambie. Reportage exclusif à Bwiam en Gambie.

Par Amadou BARRY (De retour de la zone des réfugiés)

Sous un ardent soleil, une demi-douzaine de familles d’accueil reçoivent des dons qui leur permettront de tenir quelque temps encore. Chaque famille reçoit un sac de riz, un petit bidon d’huile et un paquet de savon de la part d’une organisation caritative. La crise humanitaire commence à peser et bouleverse les équilibres dans la zone. Au lieu d’aider les déplacés, désormais les familles d’accueil sont devenues plus vulnérables. « Malgré ma précarité, je partage depuis 3 semaines ma maigre pitance », lâche Mariama Bodian, veuve de son état, mère de famille. Elle se voit obligée d’héberger et de nourrir des déplacés chez elle. « Ils sont sept personnes qui ont trouvé refuge chez-moi dont des femmes et des enfants, confie-t-elle. Nous partageons le peu que nous avons, tout en sachant que c’est une situation urgente à laquelle nous nous attendions le moins ».
Cependant, la générosité et l’hospitalité suffiront-elles si elle doit accueillir pour longtemps encore ses hôtes ? Une perspective inquiétante pour la modeste femme. « J’ai grandement besoin d’aide, confesse-t-elle, non sans gêne et une tristesse perceptible. Moi seule avec ma famille, ce sont nos proches qui nous soutiennent. J’ai perdu récemment mon mari et ayant d’autres bouches à nourrir maintenant, c’est une pression supplémentaire ». Comment venir en aide à court et à moyen terme aux différentes couches vulnérables tel est le défi d’une petite formation à Bwiam que coordonne l’Agence gambienne de la protection civile dont Serign Modou Joof est le directeur adjoint. « Nous tablons sur un plan trimestriel, fait savoir le coordinateur de gestion de cette crise. La première phase avec l’aide d’urgence a été exécutée. Entretemps, la situation a évolué d’une manière ou d’une autre avec d’autres urgences. Il faut réadapter les efforts de soutien ». Des équipes d’humanitaires entament depuis ce vendredi le travail de terrain pour recueillir les besoins les plus urgents.

2 avril 2022

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