LA GAMBIE FERME SES PORTES AUX RESSORTISSANTS RAPATRIES D’EUROPE

news-details
Emigration clandestine

Alors que le régime-en fin de mandat-peine à redresser la barre de l’économie et que le chômage est endémique, Banjul a notifié à l’UE, son principal bailleur, qu’elle n’est plus en mesure d’accueillir le flot de ses ressortissants que certains pays du vieux continent envisagent de rapatrier d’ici la fin de l’année. A trois mois de la présidentielle prévue dans le plus petit de la sous-région, la question du rapatriement de migrants est un sujet politique hautement sensible pour les autorités de transition qui redoutent de ne pouvoir réintégrer les nouveaux expulsés.

L’information circulait depuis quelques jours mais c’est le mardi 31 août que le porte-parole du gouvernement gambien a abordé le sujet. Après avoir cautionné le retour de plusieurs centaines de ses ressortissants en situation d’illégalité en Europe pendant les quatre précédentes années, la Gambie affirme ne plus être à mesure de coopérer avec l’Union européenne dans cette politique migratoire de plus en plus intransigeante.

Craignant l’expulsion de milliers de ses compatriotes et les conséquences fâcheuses que cela pourrait engendrer, Banjul a fait savoir qu’elle bloquerait tous les vols rapatriant des migrants de pays membres de l’Union européenne (UE), surtout que l’Allemagne se préparait à expulser de nombreux Gambiens.

Le porte-parole du gouvernement a révélé que cette décision a été prise en juin dernier, craignant que le retour d’un nombre élevé de migrants ne provoque une "grogne sociale " dans le pays. "Nous essayons de consolider la paix, la stabilité et la démocratie acquises dans le pays après la chute de la dictature", invoquent les autorités.

"Mauvaise foi"

Du côté de la délégation de l’UE dans le pays, l’on goutte naturellement peu cette décision. Une source au sein de la représentation diplomatique souffle qu’elle est "évidemment liée" à la présidentielle dans trois mois.

L’organisation parle de « mauvaise foi » de Banjul alors que le pays a signé en 2018 avec l’UE un accord non contraignant sur les retours, mais il ne l’a "jamais pleinement respecté", regrette un diplomate européen à Banjul qui a requis l’anonymat. Tandis que le chômage est endémique et que le régime peine à réinsérer les rapatriés de ces dernières années, d’autres séries de rapatriement constitueraient "une bombe à retardement" pour les autorités, redoute un observateur.

Vous pouvez réagir à cet article