LA JOURNALISTE MIMI MEFO EMPRISONNÉE À DOUALA

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CAMEROUN

C’est hier jeudi, autour de 21 heures que la journaliste camerounaise Mimi Mefo a été écrouée à la prison centrale de New Bell à Douala, la capitale économique du Cameroun. Convoquée en début d’après-midi du mercredi 7 novembre dans les locaux de la légion de gendarmerie de la ville, la journaliste a été auditionnée et placée par la suite sous mandat de dépôt. Un acte grave, selon le président du Syndicat national des journalistes du Cameroun joint par Africanews.

“En lieu et place de la signification des chefs d’accusation, tout simplement on lui a mis des menottes et on l’a transférée à la prison de New Bell. Mais le Syndicat national des journalistes du Cameroun considère que c’est un acte suffisamment grave, c’est une provocation et nous avons donc décidé de convoquer en urgence une réunion du bureau exécutif national. Ces derniers jours nous sommes l’objet d’attaques, de convocations, d’interpellations et même d’agressions physiques”, dénonce Denis Nkwebo, président du syndicat.

Mimi Mefo est accusée d’avoir publié de fausses informations sur les affrontements entre l’armée et les milices séparatistes. Elle aurait en outre relayé un tweet qui attribue la mort de Charles Wesco, le missionnaire américain tué à 14 kilomètres de la ville de Bamenda dans le Nord-ouest du pays, à l’armée camerounaise. Le SNJC qui accompagne la journaliste dans sa défense exige le respect des procédures judiciaires.

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) qui a constitué il y a quelques jours un collège d’avocats conduits par Me Alice Kom, pour sa défense estime, qu’en citant sa source, elle n’est coupable d’aucune infraction, encore moins d’infraction militaire. Ils estiment par ailleurs qu’elle devrait être poursuivie pour un délit de droit commun qui ne requiert pas sa garde à vue.

Plusieurs journalistes devant le tribunal

Journaliste critique, Mimi Mefo publie régulièrement des tweets, informations et fait des révélations contre le pouvoir de Yaoundé. Comme elle, plusieurs autres journalistes font face à la justice camerounaise. Joseph Olinga Ndoa, du quotidien ‘‘Le Messager’‘ comparaît devant la justice ce 8 novembre à Bafoussam dans l’Ouest du pays. Il a été relaxé le 5 novembre au soir après trois jours de détention pour "refus d’obtempérer". Michel Biem Tong, journaliste pour le site Hurinews.com, est également en détention depuis le 23 octobre 2018. L’activiste pour les droits de l’homme, est soupçonné d’incitation à l’insurrection. Bien avant eux, les journalistes Josiane Kouagheu de l’agence Reuters et Mathias Mouendé du journal ‘‘Le Jour’‘ ont également été détenus à Douala, après leur arrestation dans le cadre de manifestations interdites.

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