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LA LENTE (ET IRRÉVERSIBLE ?) AGONIE DU PS

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On est loin de l’époque où les Socialistes régnaient, sans partage, sur l’échiquier politique national. Depuis la défaite électorale lors de la présidentielle de 2000, le Parti socialiste (Ps) est en perte de vitesse. Les Verts peinent toujours à reconquérir le pouvoir. Ils doivent leur salut grâce à la coalition Benno Bokk Yakar avec qui ils ont gagné, au second tour, les élections présidentielles de 2012, puis au 1er tour, celles de 2019. « Gagner ensemble et gouverner ensemble », pour reprendre le slogan de ladite coalition, semble être leur nouveau viatique. C’est cette majorité présidentielle, à laquelle ils appartiennent depuis une décennie, qui leur donne un souffle de vie.

Et même dans cette coalition, BBY, le Ps semble relégué au second plan. Leur statut d’allié fait que les Socialistes ne se taillent plus la part du lion. Les investitures pour les élections communales et départementales, prévues le 23 janvier 2022, en sont une parfaite illustration.

Dans la Commune de Golf Sud, par exemple, la mairesse sortante, par ailleurs responsable nationale des femmes socialistes, Aïda Sow Diawara, n’a pas été investie par le chef de la coalition. Le président de la République a préféré son poulain, Lat Diop, pour la nouvelle conquête dans cette commune de la banlieue de Dakar.

Idem à Kaffrine où le député-maire socialiste, Abdoulaye Willane a du remiser ses prétentions au profit du ministre de L’Urbanisme et du Logement, Abdoulaye Saydou Sow. Des pertes de pouvoir que le Secrétaire général des sages du Ps Amadou Moustapha Diaw, assimile « au destin ».

« Nous avons subi des chocs, explique-t-il. Le premier, c’est la disparition de notre Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng. Cette perte avait annihilé les mises en place pour le renouvellement des instances qui devaient aboutir à un congrès. On avait commencé le travail. C’est par la suite que Tanor a été rappelé à Dieu. C’était un choc terrible. C’est le premier handicap. Le 2e, c’est la pandémie à Covid-19, parce que nous étions dans une logique de poursuivre les renouvellements, mais la Covid-19 est venue. Il fallait tout suspendre. C’est une question de destin ».

En tant que sage, Amadou Moustapha Diaw estime qu’« il ne sert à rien de se bousculer lorsque l’on fait face à des limites objectives. Il faut se préparer pour revenir en force ». Ce retour en force devrait passer par des renouvellements à la base, section, coordination, union régionale, jusqu’au niveau du poste de Secrétaire général. « Lorsque tout ce travail sera fait, nous pouvons partir à de nouvelles conquêtes », suggère le Sage du Ps.

La relève en question…

Le moins, que l’on puisse dire est que le Ps est bien implanté au niveau national et bien structuré. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force de résistance. Pour maintenir le cap et surtout mieux repositionner le parti dans l’espace politique sénégalais, les anciens du parti misent sur la jeunesse. « Les années changent, les contextes également. Nous allons repositionner notre parti avec les jeunes. Dans le mondialisme actuel, il n’y a que les jeunes. Nous sommes en train de travailler pour cette relève. Nous sommes dans cette logique. D’ailleurs le parti est trop jeune maintenant. Il n’y a que quelques vieux qui restent. Nous sommes en train d’accompagner les jeunes pour les propulser », renseigne la députée socialiste, Marie Père Paye Diakhaté.

C’est dans cette logique de relève, a indiqué l’honorable député, que les responsables du Ps travaillent pour le « retour de leurs camarades qui avaient été chassés du parti » à cause de leur entêtement à vouloir une candidature issue de leurs rangs, lors des dernières élections présidentielles.

Babacar FALL

4 novembre 2021