LA LIBERTÉ SOUS CAUTION REJETÉE POUR L’ANCIEN MINISTRE YANKUBA TOUTAY, PROCHE DE JAMMEH

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GAMBIE

La Haute Cour de Justice de Gambie a rejeté, lundi, la demande de liberté sous caution déposée par les avocats de Yankuba Touray, ancien membre de la junte et proche de Yahya Jammeh, poursuivi pour meurtre. Les juges ont estimé que la liberté sous caution ne s’applique pas aux crimes passibles de réclusion à perpétuité et de peine de mort. Avec un tel rejet, l’ex-ministre se voit maintenu en détention jusqu’au 15 octobre, date à laquelle son procès reprendra devant la Haute Cour. Le mois dernier, le prévenu avait refusé de comparaître devant la Commission vérité, réconciliation et réparations en remettant en cause la légalité de cette structure.

Yankuba Touray passera ses 4 prochains mois à la maison d’arrêt et de correction de Banjul, plus connue sous le nom de Mile2, en attendant la reprise de son procès. En audience ce 15 juillet, les juges ont rejeté sa demande de liberté sous caution en estimant que celle-ci ne s’applique pas aux crimes passibles de réclusion à perpétuité et de peine de mort. Les juges ont également demandé un délai suffisant pour étoffer le dossier, car le ministère de la Justice qui s’est constitué parti civile envisage d’ajouter dix autres chefs d’accusation.

Une douche froide pour cet ex-membre de la junte qui a pris le pouvoir en 1994 et qui a occupé plusieurs portefeuilles durant le magistère de Jammeh qui se voit ainsi débouté. Appelé à témoigner le mois dernier devant la Commission vérité, réconciliation et réparations en cours, il avait remis en cause la légalité de la structure en refusant de collaborer. Il s’en est fallu de peu pour que la Commission interrompe ses auditions pour annoncer son inculpation immédiate. Transféré dans un commissariat, les Gambiens ont convergé vers son lieu de détention pour réclamer sa peau. Il aura fallu une ferme détermination des forces de l’ordre pour l’évacuer en catastrophe sous une pluie de projectiles. Le ministère de la Justice a interprété le geste de l’ancien ministre comme un affront, il s’est constitué partie civile pour l’inculpé de meurtre, celui de d’Ousmane Koro Ceesay, ex-ministre de l’Economie et des Finances disparu dans des circonstances troubles en 1995.

Il faut dire que le ministère a pris très au sérieux ce dossier pour la crédibilité de la Commission. En refusant de comparaitre, Yankouba Touray a invoqué la constitution en vigueur qui a accordé une amnistie à tous les auteurs de crimes commis entre 1994 et 1996. Posture battue en brèche par le ministère de tutelle qui invoque l’hégémonie des protocoles internationaux ratifiés par le pays.

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