LA MISSION DES FORCES DE LA CEDEAO EN GAMBIE PROLONGÉE DE 6 MOIS

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SÉCURITÉ / DIPLOMATIE

En marge du sommet de la CEDEAO, lundi à Niamey, le président Adama Barrow avait demandé à l’organisation régionale de prolonger sa mission en Gambie, « compte tenu des réformes en cours et de la nécessité de protéger la fragile démocratie dans son pays ». Plusieurs fois renouvelée, cette mission vient d’être prolongée de six mois, a rapporté, hier, la télévision nationale gambienne. La mission de la CEDEAO en Gambie (MICEGA, ECOMIG en anglais) est intervenue dans le pays au lendemain de la chute de Jammeh pour sécuriser la transition. Elle est constituée d’un millier de soldats issus de trois pays : le Sénégal, le Ghana et le Nigeria.

Le mandat de la mission des forces de la CEDEAO en Gambie (MICEGA), sur le sol gambien depuis janvier 2017 avait expiré depuis le mois de juin dernier. Celui-ci se voit prolongé de six mois à l’issue du 57e sommet extraordinaire de l’organisation sous régionale tenu à Niamey lundi dernier.

S’adressant à ses pairs, le président Barrow avait plaidé pour la prolongation du bail de la mission ouest-africaine dans son pays pour je le cite « protéger la fragile démocratie ». Au cours de son discours, le président gambien s’était réjoui que la réforme du secteur sécuritaire soit « à un stade avancé » et que pour la première fois, « un exercice d’audit a été mené dans l’armée ».

Cependant, « une série d’incertitudes, notamment l’effectif de l’armée et le profil de ses membres, les questions de désarmement et la réinsertion restent complexes à régler », a souligné le président Barrow avant de demander l’accompagnement des partenaires pour dit-il « mener à bien le processus ». Estimant que la présence de l’ECOMIG est un facteur de stabilisation, il a plaidé pour son maintien jusqu’à la fin de la transition en cours.

60 % des Gambiens favorables au départ de la mission

Si son mandat est prolongé en Gambie, la présence des forces régionale depuis près de 4 ans maintenant est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion et de l’armée elle-même. Le président Barrow est d’ailleurs très critiqué pour les lenteurs observées dans la réforme du secteur sécuritaire.

D’après nos sources, l’armée nationale digère toujours très mal sa mise à l’écart de la sécurisation des institutions. Des remous observés çà et là dans les rangs des troupes sont d’ailleurs souvent rapportés dans la presse locale. L’opinion publique n’est pas non plus insensible à cette présence. Un sondage avait révélé l’année dernière que plus de 60 % des Gambiens sont favorables au départ des forces sous régionales.

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