LA MORT DE GEORGE FLOYD MOBILISE LE MONDE DU SPORT AU-DELÀ DES ÉTATS-UNIS

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RACISME

Les violences policières à l’encontre des Noirs aux Etats-Unis avaient déjà, ces dernières années, mobilisé les sportifs – surtout afro-américains. Avec la mort de George Floyd, les prises de position se sont élargies.

« I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »). C’était en 2014. Le message, en lettres capitales blanches, barrait le torse de LeBron James. Alors joueur des Cavaliers de Cleveland (Ohio), la star de la NBA (la ligue américaine de basket) arborait avec ses coéquipiers les derniers mots d’Eric Garner, Noir de 44 ans tué par un agent de la police new-yorkaise. Six ans plus tard, ces mêmes mots ont fait leur retour, avec la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué lors d’une interpellation par la police de Minneapolis, lundi 25 mai.

« Encore ? », a interrogé LeBron James sur ses réseaux sociaux. Le basketteur, qui évolue désormais au sein des Lakers de Los Angeles, n’a pas été le seul à réagir. Cette nouvelle violence policière contre un Noir américain – par ailleurs sportif de bon niveau jusqu’à l’université et ami proche de l’ancien basketteur Stephen Jackson – a ému et mobilisé les sportifs comme rarement par le passé.

Les prises de position ont dépassé le seul cadre de quelques sports nord-américains, comme le basket, où l’engagement de certains acteurs sur les sujets sociétaux n’est pas récent. En Europe, les réactions se sont aussi multipliées. Les prises de parole n’ont par ailleurs pas été le seul fait de figures sportives noires : des sportifs et sportives blancs se sont aussi exprimés.

Genou à terre, tête baissée… Un geste a servi de référence à un certain nombre de dénonciations et témoignages de solidarité : celui qu’avait adopté Colin Kaepernick en septembre 2016 pendant l’hymne américain en amont d’un match de présaison de NFL (la ligue de football américain). Le joueur avait ainsi tenté d’alerter sur les violences policières dont sont victimes les Noirs aux Etats-Unis. Cette action lui avait valu d’être écarté de la Ligue. Et de devenir l’une des icônes du mouvement Black Lives Matter.

Le geste de Colin Kaepernick comme référence

« Voilà… pourquoi », a simplement écrit LeBron James, juxtaposant la photo de la mort de George Floyd sous le genou du policier Derek Chauvin à celle de Colin Kaepernick, genou à terre. Dimanche 31 mai, c’est le footballeur français Marcus Thuram qui a célébré un but un genou au sol, tête baissée lors d’un match de la Bundesliga, le championnat allemand, rare compétition sportive à avoir repris après l’arrêt provoqué par l’épidémie de Covid-19. En écho, les effectifs au complet des clubs anglais de Liverpool et Chelsea ont reproduit la pose à l’entraînement, respectivement lundi et mardi.

Jusqu’alors, le monde du football avait fait en sorte que les joueurs n’importent pas « des considérations politiques » sur le terrain. Mais aujourd’hui, même le président de la FIFA, la fédération internationale, Gianni Infantino, a tenu à appuyer, dans un communiqué, ces marques de soutien. « Pour lever toute équivoque, les récentes manifestations de joueurs lors de matchs de la Bundesliga mériteraient des applaudissements et non une sanction. Nous devons tous dire non à toute forme de racisme et de discrimination. »

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