"LA MORT RÔDE PARTOUT"

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LA CHRONIQUE DU VENDREDI

La mort est une maladie que l’on attrape à la naissance. L’ange de l’inachevé rôde partout. Les funérariums débordés et les inhumations en cascade emplissent l’actualité de morgue. D’angoisses et de peurs. Dernière illustration ce Mardi avec un pic de décès. 29 au total. Chaque année, de sources médicales concordantes, plus de 110.000 Sénégalais rendent l’âme. De maladies, de vieillesse, d’homicides et d’accidents en tous genres. L’inachevé est le destin de l’homme. Il en faut du courage physique et beaucoup de sagesse. Le trépas ne surprend jamais le sage. Celui-ci est toujours prêt à embarquer dans des horizons lointains.

Accident, avons-nous dit plus haut. En rase campagne, des vies sont écourtées sur les routes du Sénégal. 14 morts au croisement de Guédé Chantier dans le Podor. Entre 2017 et 2020, la sinistralité routière a fauché 3000 vies. La somnolence au volant, le non-respect des dispositions du code de la route, le laxisme généralisé, les véhicules sortis du moyen-âge (le parc est constitué de quelque 650.000 voitures) ; tous ces variants agrégés se sont métastasés dans la société. La carie est terriblement dans la dent.

Ministre le plus médiatisé par la force des choses, Abdoulaye Diouf Sarr ne desserre pas les mâchoires. D’après ses services, les accusations de trafic et de vol de matériel d’oxygénation sont diffamatoires et de nature à jeter le discrédit sur les efforts contre Covid. Il faut protéger le médecin-urgentiste et lanceur d’alerte, prévient un éminent acteur de la société civile. Ce que je crois est que Dr Babacar Niang n’a rien dit de nouveau. Un confrère chroniqueur du Lundi a exprimé à peu près la même chose dans une de ses récentes livraisons.

Au fond, le ministre a tant à faire qu’il ne devrait s’occuper que de ses dossiers. Avec l’éducation et la sécurité, la santé pérennise partout la civilisation. Il faut donc inculquer et préserver à tous les niveaux, la culture et l’hygiène de la transparence. La critique fait toujours avancer. Après, s’il le faut, on rectifie. Ce débat à la petite semaine, en plus, parvient à masquer l’effort de 10 milliards pour la gratuité de l’oxygène dans les cliniques privées. Laissez le docteur en paix. Sa place est dans son cabinet.

On n’en dira pas autant de ce joli cœur qui s’est travesti pour passer l’épreuve d’Anglais en lieu et place de la vraie candidate au Bac à Diourbel. Hier, le juge a été romantique et clément dans son verdict. Une semaine d’emprisonnement. Un avertissement sans frais. Le jeune homme de 22 ans a, selon ses dires, agi au nom de l’amitié. La fille, quant à elle, justifie son absence par le surmenage. Il ne faut pas commenter leur vie privée ni leur jardin secret. Par contre, la triche, le fraude et les usurpations tuent les sentiments. Ce qui les renforce, c’est la probité morale et l’honnêteté. C’est par le sérieux et le travail que l’on réussit les transformations comme l’aménagement optimal du territoire. Les Dakarois, justement, pourraient commencer à voyager à bord du TER à Noël. Gageons que la promesse sera tenue. Car une nouvelle fausse alerte serait un désastre pour l’un des projets phares du PSE qui a coûté si cher au contribuable.

Désastreux et dérisoire : le méli-mélo autour du consensus dans le foot au vu du fiasco et de la Berezina des athlètes Sénégalais aux JO. Il ne faut pas passer par Quatre Chemins. La vérité est que nos disciplines sportives en règle générale sont en état de mort cérébrale. Il faut d’urgence les ranimer. La mort rôde partout. C’est le maître absolu, d’après le philosophe Allemand Friedrich Hégel.

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