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LA PLACE DE LA NATION BOUCLÉE, LES POPULATIONS SE PRONONCENT…

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Le rassemblement de la coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi prévu ce vendredi 17 juin 2022, à la place de la Nation, a été interdit par le préfet de Dakar. L’autorité administrative invoque deux motifs : menaces de troubles à l’ordre public et violation de l’article L61 du Code électoral, un article qui interdit toute propagande déguisée durant les 30 jours précédant l’ouverture officielle de la campagne. Aussitôt après la publication de l’arrêté du préfet de Dakar, l’opposition a tenu une conférence de presse pour dire qu’elle va manifester. Très tôt ce matin, les forces de défense et de sécurité ont mis en place un dispositif sécuritaire énorme dans tous les coins de la capitale sénégalaise. À la place de la nation où la manifestation a été prévue, les policiers armés jusqu’aux dents ont mis des barrières partout. L’accès est interdit aux riverains. Toute personne qui franchira les barrières cet après-midi pour tenter de manifester risque de se faire arrêter.

Trouvé aux alentours de la place de la nation, un baye Fall, dont nous allons taire le nom, pense que cette marche devait être autorisée. « On en a marre de ça. Du temps de Wade les gens marchaient sans problème. Mais depuis un certain temps, le pays est pris en otage par les hommes politiques. Nous sommes en démocratie et les gens doivent exprimer leurs opinions librement. C’est plus simple d’autoriser une marche que de l’interdire », a-t-il soutenu. Pour sa part, Ibrahima Ndiaye, habitant au boulevard général De gaule a abondé dans le même sens en indiquant que le pays n’appartient pas aux politiciens. « Les politiciens nous incitent à la violence et on ne doit pas l’accepter. Parce que cela nous pousse vers la division. Je rappelle que le peuple sénégalais est un peuple uni. Nous ne devons pas accepter que les politiciens nous divisent », a-t-il insisté.

Les ouvriers de leur côté indiquent qu’ils n’ont rien à voir avec cette marche. « Après la prière nous allons rentrer. Parce que la marche ce n’est pas notre problème. On n’a rien à voir avec ça », a dit un des leurs. Il faut dire que les personnes qui vivent aux alentours de la place de la nation ne veulent pas de manifestation. « A chaque fois qu’il y’a une manifestation nous sommes très inquiets. Il y’a des malades parmi nous et parfois les policiers tirent des gaz lacrymogènes. Les boutiques sont obligées de fermer. Aucune activité ne marche ici. On doit nous laisser en paix », a dit Demba un père de famille retrouvé juste devant chez lui. C’est sur ces entrefaites qu’on se pose la question de savoir est-ce que les opposants feront face aux policiers ? La réponse ce soir.

Cheikh Moussa SARR

17 juin 2022


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