« LA QUESTION DES INONDATIONS DÉPASSE LA POLARISATION POLITIQUE »

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LR DU TEMPS

La question des inondations est très sérieuse pour faire l’objet d’une bataille politique. C’est l’avis du Professeur Cheikh Mbow, the Director of future Africa at the University of Pretoria, en Afrique du Sud, un des invités, ce dimanche, 13 septembre, de LR du temps, émission animée par Alassane Samba Diop, sur iRadio et Itv.

Il en veut pour preuve : "On parle d’inondations quand les services sur lesquels on s’appuie pour vivre, sont envahis par l’eau, avec des dommages et des pertes. Ce qui se passe à Dakar, c’est ce qui se passe dans les champs au bord du fleuve, quand la rivière déborde, etc. Cette question, elle dépasse la polarisation politique. C’est au niveau national qu’elle se pose. Ce qui se passe en ce moment dans ce pays devrait interpeller toutes les forces vives, au-delà des hommes politiques. Que les intellectuels, les autorités locales, s’y mettent. C’est toute la citoyenneté sur lequel le pays peut compter qui doit gérer ces inondations. Et je voudrais dire que si vous regardez un peu ces phénomènes, vous allez avoir peur pour le futur. Parce que ça va continuer. Les projections climatiques montrent qu’il y a une plus grande amplitude de ces phénomènes extrêmes. Mais si vous regardez la totalité des pluies qu’on a reçues dans les années 50, on a fait des calculs à l’université de Dakar, (la capitale sénégalaise) avait pas moins de 700 ou 800 mm. En ce moment, les pluviométries tournent autour de 400 et 450 mm ou moins. Ce qui se passe, c’est des événements extrêmes (avec) les pics de précipitations au mois d’août, et septembre. En 2005, ce qui s’est passé, à mi-août, on a eu des records de pluies exceptionnels qui étaient prévisibles mais on ne savait pas exactement à quel moment cela allait arriver. Et c’est ce qui est arrivé en début septembre. Une succession de fortes pluies en un temps très record. Le temps de l’écoulement est très court, du coup, on a des inondations. Maintenant, le facteur humain est très important. Il y a des facteurs naturels mais le facteur humain est réel particulièrement pour l’aménagement urbain."

Il réclame la tenue d’assises nationales sur la question pour des "réponses liées à la législation, au zonage urbain, etc". Un des problèmes qu’il répertorie à Dakar, c’est qu’elle subit la tyrannie du bâtiment. "On a tout bétonné et l’eau ne s’infiltre plus". Là, les espaces verts seront salutaires.

Pour son co-débatteur, le journaliste Issa Sall, "on a investi dans des opérations ponctuelles". Car dit-il : "on s’est attaqué aux inondations à Grand-Yoff, à Médina Gounass, à Dalifort, on s’occupe de Rufisque peut-être. Ce sont ces choses-là. Mais pour Dakar, on n’a pas dit comment se débarrasser de l’eau et comment faire pour que cette eau-là aille dans la mer ou vers les cultures. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas. Il faut en faire un problème global qu’on règle définitivement".

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