LA RÉFECTION DES TOILETTES DE L’ÉCOLE "ISSA KANE" DIVISE LE MAIRE ET LES JEUNES

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GRAND-YOFF

Le torchon brûle entre certains jeunes de Grand Dakar et le maire de la localité Jean Baptiste Diouf. Ce dernier a demandé l’arrêt des travaux de réfection des toilettes de l’école élémentaire "Issa Kane" pour préparer le retour des enfants à l’école. Pour motiver sa décision, le maire, joint au téléphone, qualifie ces jeunes dont Mamadou Diakhaté l’initiateur du « Clean-up challenge » de politiciens encagoulés qui sont contre sa gouvernance.

D’emblée, le maire a rappelé que les écoles ont fait l’objet, avec l’Acte 3 de la décentralisation, de transfert de compétence avec les mairies. Ainsi, il dit ne pas comprendre quelqu’un qui veut faire des travaux au niveau des écoles sans passer par la mairie. « La mairie n’était pas au courant de ces travaux. Il s’est présenté là-bas sans aviser personne. Il n’a pas eu l’autorisation de réfectionner les toilettes donc, j’ai demandé à ce que les travaux soient arrêtés », a expliqué l’édile de la commune de Grand Dakar. Qui poursuivant son argumentaire explique que l’urgence ne se trouve pas dans cette école d’autant qu’elle a été réquisitionnée par l’administration pour y exposer les kits alimentaires. « Je suis persuadé que cette école ne sera pas disponible d’ici le 25 juin prochain, date fixée pour la reprise des cours pour les classes d’examen ». D’après le maire, il y a un minimum de règles de bienséance que ces jeunes devraient respecter avant d’entamer les travaux de réfection. « S’ils veulent faire des travaux à l’école, qu’ils viennent et nous le disent », dit-il. Mais, constate-t-il pour le regretter : « Ce sont des politiciens, ils sont contre le maire qu’ils accusent de tous les maux ». *

"AUCUNE AMBITION POLITIQUE... NOUS SOMMES DANS LA PARTICIPATION CITOYENNE"

Porte-parole des jeunes, Mamadou Diakhaté a battu en brèche les accusations du maire selon lesquelles ses amis et lui seraient des politiciens. « Nous n’avons aucune ambition politique. Nous sommes dans la participation du développement communautaire. Nous sommes dans la participation citoyenne active et spontanée. Nous sommes des citoyens et nous avons le droit de participer à la réfection de nos édifices publics », a déclaré M. Diakhaté. Revenant sur les faits, il indique que depuis 1995, ils ont constaté que l’école primaire « Issa Kane » ne dispose pas de toilettes fonctionnelles. Et les élèves éprouvaient d’énormes difficultés pour satisfaire certains de leurs besoins. C’est ainsi, qu’ils ont lancé, sur les réseaux sociaux, un appel à dons pour réfectionner les toilettes.

« Les travaux sont presque terminés. Il ne restait que la peinture qui devait se faire ce vendredi. Mais grande a été notre surprise quand le gardien de l’école nous a demandés, sur ordre du maire d’arrêter les travaux parce que nous n’avions pas d’autorisation. Ce qui est faux d’autant que nous avons l’aval et l’autorisation de l’école. On a fait la plomberie, la menuiserie et tout », a expliqué M. Diakhaté, estimant que le maire devrait au moins les féliciter. Car, ce rôle l’incombait. Et de marteler : « La police est venue nous demander d’arrêter mais ces travaux seront achevés », prévient-il, au bout du fil tout en réitérant qu’ils ne sont pas des politiciens mais des jeunes qui œuvrent pour le développement de leur localité.

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