LA RÉPONSE À NICOLAS SARKOZY

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LR DU TEMPS

Quelle réponse à Nicolas Sarkozy, qui a traité les noirs de singes sur un plateau de télévision ? Des propos prononcés après son fameux discours de Dakar, en juillet 2007, alors président français en exercice, soutenant que l’homme noir n’est pas assez entré dans l’histoire.

Invités, ce dimanche, 13 septembre, de Lr du temps, sur iRadio et Itv, Issa Sall, analyste politique et journaliste, et Cheikh Mbow, the Director of future Africa at the University of Pretoria, en Afrique du Sud, minimisent.

"Cela ne mérite même pas un débat", répond le premier. "Ce débat a duré trop longtemps", argue le second, expliquant que "cela fait des centaines d’années que l’Afrique a été perçue avec des mots désobligeants, des jugements de valeur. Et rien n’a empêché à l’Afrique d’être là où elle est en ce moment malgré tout. Ces propos n’ont pas arrêté la marche de l’Afrique. Et c’est cette marche de l’Afrique qui fait peur. Parce que, quand quelqu’un a peur de vous, c’est qu’il n’est pas sûr de sa propre identité. Le propre de l’Africain, c’est d’être sûr de son identité. L’humanisme de l’humanité dont Souleymane Bachir Diagne parlait, cet humanisme-là, on vient le chercher en Afrique. Ces concepts de ’’askan’’ (communauté), etc, qu’on utilise dans les relations sociales, sont en train justement de répondre indirectement à tous ces gens-là, qui de façon vocale exprime leur dédain envers l’Afrique."

La preuve, renchérit Mbow : "il a parlé de (la) Covid. Au départ, tout le monde s’est alarmé pour l’Afrique. En ce moment, tout le monde félicite l’Afrique. Pour moi, la meilleure réponse, c’est ce qu’on fait de nous, c’est ce qu’on fait de ce continent."

Ce qui lui fait dire que "la transformation qui sera opérée dans ce monde sera portée par l’Afrique dans ce siècle-là. Parce qu’on a la population la plus jeune. Les universités en Afrique ont été multipliées par trois au moins. Les intellectuels reviennent en masse pour travailler pour leur continent. Les ressources naturelle (eau, minérales, forestières, énergétiques) dominent le monde actuellement. Elles sont pratiquement épuisées ailleurs, il n’y a que l’Afrique qui a ses ressources. Maintenant, le fait de vous faire croire que vous ne pouvez pas y arriver, c’est une forme de vous décourager pour pouvoir utiliser ces ressources."

Ainsi, les intellectuels sont invités à "faire la sourde oreille" à ces discours de rejet et "se concentrer sur une rhétorique constructive positive permettant à l’Afrique d’avancer".

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