LA SAGESSE COMME VIATIQUE

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39ème Ziarra omarienne

« De la sagesse pour l’équilibre et la sauvegarde de l’humanité » est le thème de la conférence internationale, qui se tient chaque année en marge de la Ziarra omarienne dédiée aux illustres Thierno Saidou Nourou Tall et Thierno Mountaga Tall. La cérémonie a eu lieu, ce samedi 26 janvier, dans le cadre de la deuxième journée de l’événement célébré depuis 1980 suite au rappel de Thierno Saidou Nourou Tall, le 25 janvier de la même année.

Le débat est posé par le Khalife de feu Thierno Mountaga Tall, Thierno Madani Tall, dans son message de bienvenue lu par Thierno Mahi Nourou Tall : « Le monde connait des perturbations de tout ordre, guerre, assassinat, terroriste, déforestation, changement climatique, sécheresse, violences de tout genre et accentuation de la pauvreté. Force est de constater que tout cela constitue une menace à l’équilibre et à la préservation de l’humanité. »

Discourant autour de la ’’Hikma’’ (sagesse en arabe), le maitre de conférence, Pr Abdoul Aziz Kébé tente de résoudre l’équation : La relation de l’équilibre de la préservation de l’humanité. » Une équation qui, dit-il, « trouve sa justification dans les leurres de l’heure. Les heures que nous vivons sont pleines de leurres, de croissance, de prolifération des connaissances, de la science. Tout cela devait concourir à produire le bonheur sur terre. Malheureusement, aujourd’hui, on dit que le monde est prospère mais c’est 1% de la population mondiale qui se partage plus de 80% des richesses du monde. Il en résulte un déséquilibre extraordinaire et l’appauvrissement pour certains peuples. Donc, éviter les leurres de l’heure et revenir à l’équité voulue par Allah (Dieu). »

Que les politiques donnent un discours de paix

L’islamologue cite Cheikh Oumar Foutiyou Tall : « Celui qui n’est pas installé sur le siège de la sagesse, il ne lui incombe pas d’interdire ou de recommander ». Et, « n’oublions pas l’absence de structure de société, de structures de communication indépendantes qui n’aient que pour vocation à faire le bien, entraîne la dislocation de la société. »

Au lieu de « l’appel au bien (qui) englobe toutes les valeurs pour que la vie sur terre puisse être facile avec notamment éducation, la persuasion à reconnaître ce qui est bien et à y adhérer, voilà que l’humanité emprunte une autre voie, celle de la manipulation de l’information, de l’incitation à la haine, des exclusions par la violence verbale en préparation de la violence sur le terrain, une violence destructrice des infrastructures alors que Dieu avait déjà installé en nous cette infrastructure subtile qui est la raison », déplore le délégué général au pèlerinage. Qui ajoute : « C’est pour cela que le Coran parle de ceux qui sont doués de raison. ». Et, poursuit le conférencier : « Si nous revenons à la relation entre la sagesse, les valeurs, les règles de vie et la raison, l’on se rend compte que la sagesse est l’élément de pondération c’est-à-dire l’élément d’équilibre car la raison est froide. Le cœur est le siège des émotions. »

En respectant « une démarche coranique » El Hadji Oumar Tall a « conforté les lanceurs d’alerte mais également la société civile », analyse Pr Abdoul Aziz Kébé, rappelant que « le Coran dit que dans la société qu’il y ait une communauté qui n’ait pour engagement que la recherche du bien, le fait de leur faire comprendre aux populations et d’inciter les populations à adhérer à ce bien. Mais également inviter les populations à éviter ce qui peut créer la mésentente, la désunion et la destruction de la société. C’est une injonction. Par conséquent, les lanceurs d’alerte, la société civile trouvent ici quelque chose qui conforte leur position. »

Dans cette recherche de la sagesse, tous les segments de la société (les parents, les savants (maître coranique et maître d’école), le pouvoir (président de la République, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, entre autres), les leaders d’opinion, la société civile, les journalistes, les acteurs socioculturels, tous sont interpellés, « à faire de sorte que les facteurs de paix, comme indiqué dans le Coran, soient bien perçus par aussi bien les gouvernants que les gouvernés. Egalement, que le discours qu’ils donnent soient un discours faiseurs de paix et non pas l’inverse. »

Me Aïssata Tall Sall promet d’être exemplaire

Un appel qui a reçu un écho favorable auprès de Me Aïssata Tall Sall. « Nous avons compris que la sagesse ce n’est pas seulement le savoir, réagit-elle. C’est le savoir. C’est la connaissance mais c’est également la sagesse dans le sens le plus complet et le plus entier du terme. C’est se comporter comme il faut, dire comme il le faut, penser comme il le faut mais surtout ce que je retiens moi, en tant que politique, c’est l’exemplarité que vous avez mis au cœur de la sagesse. Comment en tant que leader parce qu’avant d’être leader, il faut exercer un leadership et c’est dans le leadership qu’il y a l’exemplarité. Comment, tous les jours, par nos actes, par nos paroles, par notre comportement, si nous voulons conduire les hommes, nous devons montrer l’exemple et le bon exemple tel que la sagesse nous l’apprend. Dans ces temps où nous sommes troublés, nous allons prendre la ’’Hikma’’ comme viatique. Nous allons toujours, avec ce livre qui a été enseigné à tous les prophètes et que nous devons répéter tous les jours, nous allons être exemplaires. Je vous le promets (Pr Abdoul Aziz Kébé), si nous sommes provoqués, nous refusons la provocation. Si on parle de nous en mal, nous répondrons en bien. Si on nous dit qu’il faut détruire le Sénégal nous le construirons grâce à la sagesse. »

Le message fort de l’Imam Baba Leigh de la Gambie

L’Imam Baba Leigh, représentant de la famille Omarienne en Gambie, est très inquiet de la tension marquant le contexte préélectoral. « Le Sénégal est réputé dans le monde pour sa démocratie mais l’élection présidentielle (du 24 février 2019) fait craindre le pire », alerte-t-il, dans sa contribution suite à l’exposé du Pr Abdoul Aziz Kébé, en invitant le peuple sénégalais à faire tout son possible pour « préserver la paix ». Pour cela, prône-t-il, « il ne suffit pas simplement de dire qu’on a eu des saints comme Cheikh Oumar ou Serigne Touba, El Hadj Malick SY, Baye Niass (etc) reposent ici, rien ne se passera ici. Il faut agir. »

Co-président de la Ziarra à côté du chef de l’Etat, Macky Sall, Mohammed VI, le roi du Maroc est représenté. A signaler également la présence de Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali (2014-2015).
Ouverts par une séance de lecture du Saint-Coran lue par El Hadji Mamadou Moussa LY avant la démonstration du champion du monde turc du récital de Coran, les débats ont été clôturés par les prières de Serigne Mansour Ibn Abdou Aziz SY.

Les bénédictions de Thierno Bassirou Tall

Auparavant, dans son message adressé à l’assistance, le khalife général de la famille omarienne, Thierno Bassirou Tall, a réitéré sa bénédiction en l’endroit de Thierno Madani Mountaga Tall. Qui, précise-t-il : « a agi en son nom » et qu’ « il ne peut pas être présent parce qu’il est bien représenté ici. »
Tous les Khalifes omariens de l’Afrique de l’Ouest ont fait le déplacement ou se sont faits représentés à cette Ziarra. Après cette conférence internationale qui a marqué la deuxième journée dudit rendez-vous religieux, suivra la cérémonie officielle prévue ce dimanche, 27 janvier, après-midi au Mausolée de Thierno Saidou Nourou Tall.

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