LA SÉCURITÉ, PRIORITÉ NUMÉRO 1

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PRESIDENTIELLE MAURITANIE

Tous les candidats à l’élection présidentielle en Mauritanie ont tenu jeudi leur meeting de clôture à Nouakchott, la capitale à l’exception de Mohamed Ould Maouloud qui, lui, a préféré se poser à Nouadhibou dans le nord.

La question sécuritaire hante les esprits en Mauritanie. Dans les conversations publiques ou privées le sujet préoccupe et visiblement les citoyens respectent les consignes et les instructions. Vigilance ! Toutes les frontières du pays sont renforcées en moyens et en effectifs si bien que les dispositifs se sont davantage resserrés, preuve que rien ne semble de trop dans l’anticipation et la prévision. Impossible de pénétrer le territoire sans décliner son identité, s’expliquer sur les raisons ou les motifs de sa visite ou même sur le lieu de résidence envisagée.

Les forces de l’ordre sont omniprésentes, à l’aéroport, au port et différents postes terrestre de ce vaste pays de plus d’un million de km2 pour une population avoisinant les 4 millions d’habitants. Sans délire ni panique, dirigeants et citoyens conviennent de prendre au sérieux la menace et s’évertuent à ne montrer aucun signe de nervosité apparente. Connu pour son calme et sa tranquillité, le pays se vantait d’être tolérant avec une coexistence pacifique de communautés en dépit de quelques heurts sporadiques mettant en prise des segments radicaux de courants politiques en mal de tribunes d’expression.

Cette poussée s’amplifie et à l’entame de l’année 2000 des frappes isolées mais meurtrières retiennent l’attention et attirent la curiosité des médias, notamment occidentaux qui commencent dès lors à pointer du doigt sur les failles sécuritaires et la possible extension du syndrome terroriste. Des efforts réels ont été consentis par l’Etat pour circonscrire le mal rampant et lui trouver un remède de cheval avant qu’il n’atteigne des proportions inquiétantes et irréversibles.

L’actuel candidat du pouvoir, Mouhamed Ould Ghazouani, soutenu donc par le président sortant Abdel Aziz, en sa qualité de ministre de la Défense a abordé la question sécuritaire durant toute la campagne. Il ne manque pas une occasion de prôner l’unité de la Mauritanie, le rassemblement, face à la menace terroriste, estimant que la cohésion nationale autour des valeurs de la patrie serait un rempart contre ce phénomène à plusieurs visages.

Les autres candidats partagent cette préoccupation, mais se différencient dans l’analyse des causes et les réponses à envisager. Pour certains d’entre eux, à l’image du candidat anti-esclavagiste Biram Dah Ould Abeid, la misère et les inégalités constituent un terreau favorable à l’essor du terrorisme dans les couches défavorisées de la société mauritanienne. L’ancien Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar, également en lice pour la présidentielle de demain samedi 22 juin et largement soutenu par une coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, juge la stabilité du pays comme la base d’expansion de son économie avec une redistribution des fruits de la croissance au profit de larges secteurs sociaux démunis. Pour l’opposant historique, Mouhamed Ould Maouloud, l’ignorance est la racine du mal. Il convient, selon lui, de couper court en envoyant massivement les jeunes à l’école et dans les centres de formation afin de « tuer dans l’œuf » ces velléités ; ce qui aurait pour effet décisif de les éloigner du désoeuvrement, de l’oisiveté et de la « tentation du diable ».

Selon la commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) plus d’un million et demi d’électeurs sont inscrits sur la liste électorale nationale indépendante. Le premier tour de l’élection présidentielle se tient samedi 22 juin prochain et, le cas échéant, un second tour est prévu le 6 juillet 2019.

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