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LA SOCIÉTÉ CIVILE PLAIDE POUR LA TRANSITION VERTE

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Lumière Synergie pour le Développement (LSD), organisation de la société civile, mène une campagne pour une justice climatique pour l’Afrique. Il s’agit concrètement d’influencer les politiques et stratégies du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en faveur de la transition verte.
Dans son plaidoyer, l’organisation s’appuie sur l’étude d’impact de la centrale électrique à charbon de Sendou, cofinancée par la BAD. Le rapport final a mis en exergue l’exigence "qu’une attention particulière soit accordée aux consultations avec la population."

Mille femmes affectées
Car, sans cette précaution, les dégâts sont là : ce sont les moyens de subsistance de plus de 1000 femmes pêcheuses de la zone côtière de Bargny, au Sud de Dakar, qui sont compromis. Là, les plaintes des organisations ont mis en évidence "les violations des droits" découlant de l’imposition de la zone tampon de 500 mètres pour les projets de classe première, conformément à la loi sénégalaise sur l’environnement. Il s’agit "des empiètements" sur Khelkom, le site de transformation du poisson, où plus de "1000 femmes" sèchent et fument du poisson pour assurer leur subsistance.

En janvier 2019, Sendou 1 avait rejeté des eaux usées dans ce site, causant "des pertes et des dommages importants" à leur récolte. Les victimes ont "eu une réunion avec les principales parties prenantes, y compris les directeurs des centrales électriques et les autorités locales, au cours de laquelle ces derniers ont reconnu les dommages et se sont engagé à les réparer. Trois femmes qui ont perdu leur récolte de poisson ont été indemnisées, pour leurs pertes réelles. Mais, personne n’a été indemnisé pour le temps de travail perdu."

En octobre 2019, "les eaux usées étaient encore accumulées sur le site. D’après les résultats de deux séries d’analyse, les niveaux de pollution de l’eau étaient extrêmement élevés."

Le rapport déplore également les conséquences sur la santé des opératrices. Par ailleurs, certains charretiers et certaines femmes qui élèvent des moutons ont indiqué une "incidence accrue de décès" du bétail en raison de "la contamination" de l’eau et de l’herbe, en plus de "la contribution à la crise climatique."

Impact sur les moyens de subsistance
Aussi, "l’alevinière (écloserie de poisson) détruite à cause de la prise et de la libération d’eau de mer du système de refroidissement de Sendou 1, les populations locales craignent les impacts négatifs, sur les ressources marines. Ce qui menacerait leur principale source de revenus et d’emplois."

Sur les problèmes sociaux indexés, "un baobab sacré ’’Banoukhba’’ où les gens vénèrent les esprits protecteurs de leurs villages, est maintenant enfermé dans le site de la centrale électrique et rendu inaccessible à la communauté. La population locale craint (aussi) que le cimetière ne soit détruit pendant la construction du système de refroidissement."

D’autres impacts jugés néfastes de Sendou 1 concernent les droits fonciers des populations, qui définissent la culture Lébou et leurs moyens de subsistance, et qui sont à "l’épicentre de leur confrontation avec les promoteurs" du projet. En mars 2009, déjà, conformément à la réglementation environnementale du Sénégal, une étude d’impact environnementale et sociale (EIES) de Sendou 1 réalisée, par le Cabinet de Conseil Quartz Afrique, avait souligné que "les conflits sociaux potentiels dus à l’opposition de la majorité locale."

"Il urge d’agir. Chaque degré compte", a insisté le président de LSD, Aly Sagne, lors d’un atelier tenu ce samedi, sur la finance verte et les engagements de la BAD. En effet, parmi les recommandations issues du rapport, à l’attention de la banque, il a été relevé qu’elle est "consciente des problèmes environnementaux et sociaux existants et potentiels soulevés par la centrale à charbon de Sendou depuis l’élaboration du Plan d’action environnementale et sociale (PAES), en décembre 2012." Malgré cela, "la plupart des mesures correctives, à notre avis inadéquates, n’ont été prises qu’après le rapport d’examen de la conformité de la BCRM, en mai 2018", s’éructent Aly Sagne et Cie.

Die BA

17 octobre 2021