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LA TECTONIQUE DES PLAQUES

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La terre s’est dérobée sous des pieds. Quelque chose s’est passé dimanche 31 juillet 2022. Le Président de la République est sorti affaibli à l’issue du vote. Benno bokk yaakaar est en état de sénescence. L’érosion est tectonique. 45 députés en moins. La coalition est au bout du rouleau. Il a été dit que le chef de l’Etat est l’homme de la providence, de la baraka et de la première Can pour laquelle il n’a lésiné sur aucun moyen. Avec la cascade d’infrastructures mises en service, on a entendu dire qu’il était au summum de son art.

Au vu de son cursus, on s’est aperçus de l’immense expérience qu’il a capitalisée. La maxime dit que l’expérience est une école dont les leçons coûtent cher mais de laquelle on sort savant. Le Sénégal peut s’enorgueillir d’un Président à la hauteur. L’inconvénient est qu’il n’a pas toujours su prendre de l’altitude. Son bilan immatériel est ténu. En son temps, le concept de gestion sobre et vertueuse a fait tilt. Dix ans après, l’ostentation et le saupoudrage ont faussé compagnie à la sobriété. Adeptes de cette ignominie qui reste la transhumance, les malotrus qui tournent casaque s’emploient à griffer toutes les formes de vertu.

Un nouveau gouvernement sera en place. Après la chute de cheval, il est possible de se remettre en selle. Pour arriver à cette fin, il faut renouer avec la simplicité et la sobriété heureuse. Un gouvernement pléthorique ne sert à rien. Une équipe resserrée et faite de talents miraculeux doit préoccuper les esprits méthodiques.

Abdoulaye Wade travaille méthodiquement en parcourant des milliers de kilomètres pour prendre part au vote. Dans le cœur de chaque Sénégalais, il tient une place. Nonagénaire, le pape du Sopi est un des derniers grands mammouths de la politique. L’alliance entre Yewwi et Wallu a permis de renverser la table. Souvent dispersée, l’opposition a été cette fois capable d’intelligence collective. Seul, on est une goutte d’eau. Ensemble, on est un océan. La résurrection inespérée du Pds vient de là. Jusque-là réduit à sa simple expression, le parti qui aura bientôt 50 ans peut aussi bien jouer les faiseurs de roi comme il peut à nouveau entrevoir la voie royale. Wade-fils est le seul continuateur de l’œuvre du père. Le Pape du Sopi n’en voit pas un autre. L’amnistie ou la révision du procès pour abréger l’exil forcé. Abdoulaye Wade se débat encore. Car il sait bien comme le dit un proverbe Bambara qu’on ne peut raser la tête de quelqu’un à son absence. Karim Wade est l’absent le plus présent dans le marigot politique. Ousmane Sonko a réussi le tour de force de combler le vide. Il a fini par être très adulé. Son discours est cependant parasité par un trop-plein de forceps.

Les Sénégalais ont fait preuve de noblesse en allant voter dans la paix. Ils ont plébiscité la maïeutique. C’est l’autre nom du dialogue, de l’équilibre, du compromis et de la courtoisie républicaine. En faisant l’archéologie des résultats, on redécouvre qu’il existe une relation étroite entre le séisme et la tectonique des plaques. Les législatives ont produit un mini tremblement de terre.

5 août 2022

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