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LASER SUR LES ÉQUIPES AFRICAINES QUALIFIÉES

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Aliou Cissé (Sénégal), Rigobert Song (Cameroun), Otto Addo (Ghana), Jalel Kadri (Tunisie) et Vahid Halilodzic (Maroc) auront chacun, une idée plus précise de l’ardeur de la tâche qui les attend dans sept mois et demi au Moyen-Orient. Les entraîneurs des cinq sélections africaines qualifiées à la prochaine Coupe du monde Qatar 2022 connaîtront ce vendredi leurs adversaires respectifs en phase de groupe du Mondial à l’issue du tirage au sort de composition des groupes qui se tiendra au Centre des Expositions de Doha. Avec trois équipes dans le chapeau 3 et deux autres dans le dernier chapeau, il va sans dire que les représentants de la zone Caf risquent de tirer certains gros morceaux éparpillés entre les pots 1 et 2. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils devraient manquer d’ambition pour la prochaine Coupe du monde.

Le Sénégal pour faire mieux qu’en 2018

Champion d’Afrique en titre après avoir aligné deux finales de suite, le Sénégal revient sur la scène mondiale pour la troisième fois, la deuxième consécutive après Russie 2018. Les Lions du pays de la Téranga constituent certainement le principal vecteur des ambitions du continent africain. Le Sénégal, qui présente une nouvelle génération dorée qui supplante ses prédécesseurs de 2002 à tout point de vue sauf pour le parcours en phase finale de Coupe du Monde, espère faire mieux qu’il y a quatre ans en Russie où il s’était fait éliminer à cause du nombre de cartons jaunes reçus, supérieur à celui du Japon. Pourtant, les Lions avaient brillamment débuté le tournoi par une solide performance victorieuse contre la Pologne de Robert Lewandowski.

Quatre ans plus tard, c’est une équipe qui a grandement mûri, s’est consolidée sur chaque compartiment du jeu et a beaucoup gagné en expérience qui se présentera au Qatar avec la volonté de faire partie du dernier carré : celui des demi-finales. Avec un joueur de classe mondiale sur chaque ligne, d’Edouard Mendy à Sadio Mané en passant par Kalidou Koulibaly, le Sénégal peut également compter sur les avantages d’une grande stabilité avec un noyau dur qui a disputé tous les grands rendez-vous du football depuis les JO de Londres 2012. Avec cinq victoires, un nul et une défaite dans le chemin qui mène au Mondial et une solidité incroyable durant la Can au Cameroun, le Sénégal arrive au Qatar gonflé à bloc avec tous les signaux au vert et un effectif encore perfectible grâce à un réservoir fourni en quantité et en qualité.

Le Cameroun n’est pas mort

Il ne faut jamais enterrer les Lions indomptables. Parés pour se tirer des situations les plus alambiquées, les protégés de Samuel Eto’o "fils" ont encore prouvé à la face du monde qu’impossible n’est pas Camerounais. En l’espace de deux mois, ils ont organisé une belle Can que tout le monde voyait à l’eau, décroché une médaille de bronze après avoir littéralement renversé le Burkina Faso et composté leur ticket pour la Coupe du monde en battant l’Algérie sur sa pelouse de Blida, l’un des antres les plus hostiles d’Afrique, deux semaines seulement après avoir changé d’entraîneur, avec l’arrivée du légendaire Rigobert Song. Le parcours qui a mené à la huitième qualification (record africain) du Cameroun est tout aussi brillant, avec une seule défaite en terre ivoirienne, contre cinq victoires. Vous avez dit renversants ? Le seul hic, c’est qu’ils sont dans le pot 4 et ont de grandes chances de tomber sur un groupe avec trois équipes de très haut niveau.

Le Maroc est là

Malgré une tension intense autour de la sélection, entre l’entraîneur, Vahid Halilodzic, la fédération, certains joueurs et une partie du public, le Maroc a tout de même réussi un quasi sans faute pour décrocher sa qualification. Seule équipe africaine à compter six victoires en six matchs de la phase de groupe des qualifications, les Lions de l’Atlas ont ensuite facilement écarté une équipe de la Rd Congo (1-1, 4-1), soit la qualification la plus aisée parmi les cinq affrontements du tour des barrages en Afrique. Logé dans le chapeau 3 comme le Sénégal, le Maroc dispose encore d’un effectif perfectible et peut avoir une belle carte à jouer au Qatar dans sept mois, mais il lui faudra au préalable, régler la question de l’environnement autour de l’équipe, apaiser le climat de tension ambiante, ce qui n’est pas chose aisée avec autant de fortes têtes concernées.

Des Aigles habitués au rendez-vous mondial

A l’instar du Cameroun, la Tunisie est également une habituée de la scène mondiale avec une sixième participation validée pour Qatar 2022. Pourtant, des cinq sélections africaines qualifiées, les Aigles de Carthage ont eu le parcours le moins flamboyant : une défaite à Malabo contre la Guinée équatoriale, un nul face à la Mauritanie et quatre victoires en phase de groupes, puis en tour de barrages, face au Mali, une victoire d’une courte tête grâce à un but contre son camp et match nul au retour à domicile. Comme une petite revanche sur la Can où la Tunisie a été battue d’entrée par le Mali dans un match tendu, avant d’être éliminée en quart de finale après avoir concédé deux autres défaites face à la Gambie et le Burkina Faso en quarts, contre deux victoires contre la Mauritanie et le Nigeria. Un parcours tumultueux qui n’a pas empêché à la Tunisie de se trouver dans le chapeau 3 comme le Sénégal et le Maroc et de pouvoir espérer un tirage plus ou moins clément.

Le Ghana contre toute attente

Enfin, il y a les Black Stars du Ghana. Contre toute attente, ils ont été éliminés dès le premier tour de la Can. Et contre toute attente, ils ont quand même battu le rival et voisin, le Nigeria, au terme d’une double confrontation électrique. En phase de groupe, le Ghana a également dû batailler ferme pour sortir l’Afrique du Sud à la dernière journée.

Babacar NDAW FAYE

1er avril 2022


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