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LE BAC ET LA DÉBACLE

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Le parrain du bac au Sénégal devrait être le premier bachelier noir Sénégalais, Abdoulaye Seck Marie Parsine. Mais notre pays ne canonise pas ses monuments historiques. On comprend un peu pourquoi nous ne sortons pas de l’ornière. Ce grand Saint-Louisien et contemporain de Blaise Diagne avait quasiment décroché la lune en ces temps-là en accomplissant ce miracle. L’amour et la passion des études ne se sont pas asséchés. C’est l’éducation nationale qui n’arrive plus à se réconcilier avec la rigueur, l’excellence, le mérite, la qualité.

Tout s’est mis à l’envers. Ça va dans tous les sens. La marchandisation de l’éducation est une triste réalité. Pour chacun des candidats, il faut tout de même souhaiter bonne chance et des sourires aux lèvres au bout des évaluations. Mais quand arrive le temps du bac, il apparaît comme une forme de sagesse de penser à toutes ces cohortes que le système a perdues et dont on ne retrouve plus la trace. Les taux d’échecs scolaires sont insupportables au Sénégal. Les déperditions phagocytent la société. Celle-ci commet une erreur fatale en méprisant ses enfants en situation de déscolarisation.

Rarement récupérés puis oubliés dans le long voyage de la vie, ils deviennent un fardeau pour tous après avoir été les visages du gâchis. Le malaise de la jeunesse provient en grande partie de cet aveuglement. Il y a le bac, le ressac et la débâcle. Tout est lié et tout s’enchevêtre. Agir pour la prochaine génération est une lucidité. Ne penser qu’à la prochaine élection est une sorte de folie. La plus grande politique consiste à investir sur les personnes.

Mais pas de chance. Le champ de ruines politique s’emmêle continuellement les pinceaux. Les campagnes électorales obsolètes et sans incarnation ne touchent plus les cœurs et ne parlent plus aux tripes. En juge de paix, les électeurs voteront sereinement le moment venu avec la tête. Une neuvième coalition est toutefois en présence. Elle est celle de la vie chère et de la détresse sociale. Elle vaudra son pesant d’or. Concours de banalités et manque d’imagination, disait-on. Les leaders charismatiques et les talents d’estrade de jadis sont à présent une denrée rarissime. Le pays s’est retrouvé avec 165 députés. Si on vous dit qu’ils n’étaient que 2 avant l’indépendance.

Le tandem Lamine Gueye- Blaise Diagne était iconique. C’étaient des monstres sacrés qui pouvaient transformer le plomb en or. Le pouvoir législatif n’était pas pléthorique. Il n’y avait pas de chambre d’enregistrement qui faisait passer les textes comme lettres à la poste. Les honorables députés avaient bonne presse. Ils étaient assez fous pour confondre l’intérêt général avec leur propre intérêt. Les mœurs ont changé.

Pourquoi alors se risquer à scier la branche sur laquelle on est confortablement assis ? S’asseoir ou danser sur un volcan. C’est jouer à se faire peur ? L’arrestation des éléments de la force dite spéciale n’a pas beaucoup rassuré les citoyens. Elle a ajouté de la psychose, de la paranoïa et beaucoup de zones d’ombre. L’évasion et le suicide présumé ébranlent le personnel pénitentiaire. Son dévouement n’est pas en cause. Il s’est senti dernièrement ostracisé avec les récentes augmentations de salaire. A-t-il baissé la garde ? Y a-t-il eu négligence ou connivence ? Le président de la République ne manquera certainement pas de couper des têtes.

15 juillet 2022

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