« LE CAMP DE TRUMP VA FORMULER 3 MILLE RECOURS »

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PRESIDENTIELLE AUX ETATS-UNIS /LR DU TEMPS

La démocratie américaine à l’épreuve du duel Trump-Biden, quelles épreuves et leçons ? Le débat est posé dans l’émission Lr du temps d’IRadio, de ce dimanche, 8 novembre.

Un des invités, Malick Thioune, juriste, est plutôt pessimiste, signalant que "sur le plan juridique beaucoup de choses vont se passer." "Il y aura autant de procédures qu’il y aura d’États. Il ne faut pas oublier qu’aux États-Unis, la législation électorale est celle d’États fédérés. Chaque Etat a sa propre législation", détaille-t-il.

Poursuivant, Thioune ajoute : "aujourd’hui, selon les dernières informations filtrées, le camp de Trump va formuler pas moins de 3000 recours. Je ne sais pas comment on solde 3 000 recours. Et il y a quelques chose de suspect, c’est qu’avant les élections, il (Trump) a rendu la Cour suprême totalement conservatrice en nommant une juge en remplacement de celle qui est décédée. On peut dire qu’aux États-Unis, les juges sont neutres mais ce n’est pas tout à fait exact. Rudolph Giuliani est l’avocat de Trump, l’une des personnes les plus puissantes et les plus resautées des États-Unis, qui sont capables, en dehors de tout système juridique, de renverser des situations par le lobby."

Puis, enchaîne le juriste, "il ne faut pas oublier qu’aux États-Unis, il y a le parlementarisme de couloir" animé par les lobbyistes. "Il y a énormément de lois qui passent ou qui ne passent pas. Parce qu’il y a des lobbys à l’œuvre pour la porter ou ne pas la porter. Les plus grands lobbyistes américains sont des républicains."

Par ailleurs, passer la bataille judiciaire, la tâche du prochain président sera très ardue en raison des fractures : "on voit des États-Unis fragmentés. Ce n’est pas qu’entre les Républicains et les Démocrates mais il y a énormément de séparations. J’ai eu comme l’impression que l’Amérique se lisait aux travers de corporations ou d’intérêts pluriels. Du coup, on a un caléidoscope qui est là, et qu’il sera très difficile pour quel que président que ce soit de fédérer tout ça. Trump a eu le partie de ne gouverner que pour ceux qui l’ont élu, ils ne parlaient qu’à eux et défendaient leurs intérêts. Ce qui a exacerbé la fracture."

D’autant plus que "l’Amérique est loin d’avoir résolue les questions noirs malgré l’arrivée de Barack Obama et celle de Kamala Harris. La question de la férocité blanche est encore très présente", relève son vis-à-vis, Alioune Sall Paloma, spécialiste de la prospective et président de l’Institut des futurs africains.

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