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LE CHEF RELIGIEUX, LA CHANTEUSE ET LA DIFFUSION D’IMAGES OBSCÈNES

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Un chef religieux, S. M, a comparu, hier mardi, à la barre pour répondre des faits d’atteinte à la vie privée et diffusion de vidéos contraires aux bonnes mœurs. Il ressort des débats d’audience que le mis en cause était le mari de la plaignante. Au cours de leur union, ils ont eu un enfant qui est aujourd’hui âgé de 3 ans. Après leur séparation, le marabout voulait avoir la garde de l’enfant mais la dame s’y est farouchement opposée. Au lieu de saisir la justice, S. M, a préféré rendre la vie difficile à son ex femme. Ce, en diffusant ses images obscènes sur les réseaux sociaux. Ne pouvant plus accepter les agissements de son ex mari, elle a saisi la justice et le dossier a été jugé devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.

"Il m’a frappé jusqu’à ce que j’avorte"

Artiste chanteuse de son état, la dame I. D. est la plaignante dans cette affaire. " Ça fait un moment qu’on n’est plus ensemble, a-t-elle confié au tribunal. Un jour, il m’a envoyé un vocal me disant qu’il va diffuser mes vidéos si jamais je ne lui laisse pas assurer la garde de notre enfant. Ce que j’ai refusé. Il a commencé, dès lors, par diffuser un audio dans lequel je discutais avec une amie sur ma vie privée. Ensuite, il a envoyé mes images à mon frère et à son ami dans le seul but de me détruire". Poursuivant sa narration des faits, elle révèle : "sur ma page YouTube, il a écrit que je suis une prostituée et bientôt mes vidéos vont circuler sur la toile et dans les réseaux sociaux".

Au cours de son interrogatoire par le tribunal, la plaignante a informé que son ex mari a été une fois attrait devant la barre pour violence et voie de fait. "J’étais enceinte et il m’a frappé jusqu’à ce que j’avorte. A l’époque, j’avais porté plainte et il a été poursuivi par la justice", renseigne-t-elle. Pour finir, elle a réclamé 5 millions pour le préjudice subi.

Entendu à son tour, le chef religieux a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. "C’est seulement à son frère que j’ai envoyé l’audio. Par contre, j’ai envoyé les vidéos à un ami. Je l’ai fait parce que je voulais avoir la garde de l’enfant’, s’est-il défendu. Le juge de lancer : " fallait enclencher une procédure judiciaire et le juge va décider. En aucun cas tu devais envoyer ces audios et vidéos".

Le maître des poursuites a pris la balle au rebond pour assurer que le prévenu a reconnu les faits depuis le début de l’enquête. "Il a transmis au frère de la plaignante, sans le consentement de celle-ci, des paroles parce qu’il s’agit d’une discussion avec son amie de sa vie privée. Elle l’a prononcé dans un cadre strictement privé. De ce point de vue, les faits sont établis. Il a détenu des vidéos dont le caractère contraire aux bonnes mœurs est avéré. Les vidéos ont été diffusées auprès d’un ami se trouvant en Italie. Ce sont des faits graves parce que ça a ternit l’image de la dame qui est chanteuse et qui a une carrière à gérer", a dit le parquet. Sur ce, il a requis 2 ans dont 2 mois ferme et une amende ferme de 500.000 francs.

Quant à la défense, elle a reconnu que le prévenu a tort et il regrette son acte. "Il présente ses excuses. Je vous demande de lui faire une application bienveillante de la loi. Il m’a fait ses confidences sincères et sérieuses. Il ne va plus le refaire", a dit la robe noire. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 28 janvier prochain.

Cheikh Moussa SARR

21 décembre 2021


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