LE COLONEL GOITA DESTITUE LE PRÉSIDENT BAH N’DAW ET SON PREMIER MINISTRE

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Situation au Mali

La situation de crise se prolonge au Mali ! Un nouveau rebondissement vient d’avoir lieu avec la destitution du président de la Transition, Bah Ndaw, par son vice-président le Colonel Assimi Goita, leader de la fronde qui avait destitué le président Ibrahim Boubacar Keita.

Bah Ndaw et son Premier ministre, Moctar Ouane font ainsi les frais d’un profond désaccord avec l’armée malienne depuis le début des tractations pour le nouveau gouvernement. Leader du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le Colonel Assimi Goïta officiellement numéro deux du Mali, occupe le poste de Vice-président de la transition.

Dans un document publié ce mardi, au lendemain de l’arrestation de Ndaw et Ouane par l’armée, le Colonel Goita a détaillé les griefs portés contre ces derniers, accusés de vouloir s’accaparer de tout le pouvoir, en agissant sans concertation avec lui, et ses alliés de l’armée.

Voici la déclaration dans laquelle Goïta dit avoir agi pour "préserver la charte de transition et défendre la République".

« Suite à une crise de plusieurs mois au plan national prenant en compte des grèves et manifestations diverses des acteurs sociaux et politiques, le gouvernement dirigé par Monsieur Moctar OUANE, s’est montré incapable de constituer un interlocuteur fiable, susceptible de mobiliser la confiance des partenaires sociaux.

Dans la foulée et de façon unilatérale, le président de la transition a accepté la démission du gouvernement et reconduit immédiatement le premier ministre avec pour mandat d’aller à la formation d’un nouveau gouvernement. La conséquence a été une consternation générale marquée par la persistance des grèves de l’Union nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), dont l’issue est finalement une grève illimitée. Cet état de fait constitue une véritable asphyxie de l’économique malienne et partant, la garantie d’une instabilité aux conséquences incommensurables.

UNE LISTE DE GOUVERNEMENT SANS CONCERTATION

Dans les démarches de constitution d’un nouveau gouvernement le premier ministre nouvellement reconduit a établi une liste de gouvernement en accord avec le président de la Transition sans concertation avec le vice-président en charge des prérogatives à lui conférées par la charte à savoir, la la Défense et la Sécurité.

Une telle démarche témoigne d’une volonté manifeste du président de la transition et du premier ministre d’aller vers une violation de la charte de transition, contrairement au serment prêté lors de son investiture le 25 septembre 2020. Nonobstant les interpellations et négociations diverses engagées par le vice-président auprès des chefs d’Etat de la sous-région et de certaines chancelleries présentes au Mali en vue d’amener le Président de la transition et le premier ministre à respecter les prescriptions de la charte de transition, ceux-ci sont restés persistants dans leur posture.

POUR PRÉSERVER LA CHARTE DE TRANSITION

Ainsi, de par le serment prêté en même temps que le président de la transition et tenu par l’engagement patriotique pris devant le peuple malien ainsi que devant les forces de défense et de sécurité, le vice-président de la transition, s’est vu dans l’obligation d’agir pour préserver la charte de transition et défendre la République en vue de placer hors de leurs prérogatives le Président et son premier ministre ainsi que toutes les personnes impliquées dans la situation.

En cette circonstance, le vice-Président de la Transition invite les populations à vaquer librement à leurs occupations et les rassure de l’engagement indéfectible des Forces armées de défense et de sécurité, à préserver l’intérêt supérieur du Peuple malien, conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte de transition. Au demeurant, le Vice-Président de la Transition tient à préciser que le processus de Transition suit son cours normal et que les élections prévues se tiendront courant 2022. »

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