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LE COMITÉ POUR LE MÉMORIAL LANCE LE 20E ANNIVERSAIRE

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Le comité d’initiative pour l’érection du mémorial « Le Joola » a tenu, samedi, la cérémonie de lancement des activités commémoratives du 20e anniversaire du naufrage du bateau éponyme, à la Place du souvenir africain. Cette plateforme regroupant toutes les associations des familles des victimes a dressé un tableau de ces initiatives visant à honorer la mémoire des disparus suite au drame survenu en mer au soir du 26 septembre 2002. Les parents des victimes ont profité de l’occasion pour porter leurs doléances sous forme de résolutions.
Les familles des victimes de la plus grande catastrophe maritime qu’a connue le pays et mêmee le monde, se sont données rendez-vous à la salle située à côté du musée Henriette Bathily. L’heure est aux retrouvailles entre personnes ayant cheminé depuis deux décennies pour disent-ils « donner de dignes sépultures à leurs proches emportés par cette tragédie ». Vêtus de polos noirs pour certains, blancs pour d’autres, les membres du comité d’organisation montrent la voie aux personnes âgées, enfants et adolescents présent sur les lieux.

Honorer la mémoire des victimes
A la suite des différents discours, le comité réclame la prise en charge des orphelins et des rescapés. Il insiste sur le renflouement du bateau pour permettre à de nombreuses familles de pouvoir faire leur deuil. S’adressant au public encore sous le choc de tant de pertes en vies humaines, les membres du comité exigent la réouverture du dossier judiciaire de ce naufrage. Ils trouvent inconcevable qu’autant de morts (plus de 2000 selon le rapport de l’équipe dirigée par le médiateur de la République d’alors, Pr Madani Sy), il n’y ait « aucun coupable ».

La plateforme regroupant les proches des victimes du « Joola » demande l’érection d’un Mémorial-Musée à la Place du souvenir africain. Pour eux, cet édifice sera la réplique du mémorial en construction à Ziguinchor depuis l’année dernière. Plus encore ladite infrastructure va servir de cadre de recherche sur la protection des risques et des catastrophes.

Pour terminer, le comité s’est penché sur la nécessité d’instaurer la date du 26 septembre en une journée nationale du souvenir. Les organisateurs ont insisté sur la symbolique autour de ce vœu qui permettra d’immortaliser à jamais cette « page sombre de l’histoire post-indépendance de notre pays ». Le coordonnateur du comité, Nassardine Aïdara a rappelé les démarches faites auprès des députés de la magistrature sortante et le dépôt d’un projet de loi visant à matérialiser ce souhait. Il a lancé un appel solennel aux représentants du peuple.

S’associer à différents acteurs de la société civile
Nassardine Aïdara a annoncé la tenue de plusieurs cérémonies d’hommage au courant de l’année. Il informe de leur collaboration avec divers secteurs ayant perdus des membres dans cette tragédie. M. Aïdara a listé parmi « leurs camarades de peine » : les cinéastes, les artistes, les étudiants, les sportifs… Selon lui, cette série d’événements permettra de toucher le maximum de personnes dans leur entreprise de devoir de mémoire.

Le président de l’association nationale des familles des victimes, Boubacar Bâ a salué l’engagement et la détermination des jeunes pour cette cause noble. Les familles éplorées par ce drame ont réaffirmé l’impératif des changements de comportements au plan national. Elles ont appelé à bannir les habitudes et attitudes à risque débouchant souvent sur des catastrophes d’une grande ampleur. C’est ainsi que le comité compte organiser une campagne nationale de sensibilisation sur le thème « trois jours sans surcharge ».

Prenant la parole, Samsidine Aïdara, la vingtaine, teint noir, est revenu longuement sur les circonstances de ce drame survenue aux larges des côtes sénégalaises, près des eaux gambiennes. Ce jeune homme, un des leaders du comité a pointé du doigt les « négligences des autorités militaires en charge de la gestion du bateau ». Il a aussi souligné la responsabilité « des autorités étatiques qui se sont précipitées à remettre sur orbite un navire dont les conditions de navigabilité n’étaient pas respectées ».

Devant un auditoire touché par les souvenirs de cet événement douloureux, un film de 10 minutes a été projeté. Cette vidéo est revenue sur les chiffres de ce drame et a transmis des témoignages et le combat quotidien des parents des victimes depuis 20 ans.

Onass MENDY

10 avril 2022


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