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LE FORUM CIVIL EXIGE LA LUMIÈRE

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Abdoulaye Daouda Diallo et Abdou Karim Sall sont invités par le Forum civil à s’expliquer sur le contrat d’armement d’un coût de 45 milliards révélé par un consortium de journalistes d’enquête.

Les quotidiens Libération, Les Echos et le site impact.sn ont repris une enquête de Organized crime and corruption reporting project (Occrp), regroupement de journalistes d’enquête et de centres d’enquête fondé en 2006, sur un contrat d’armement d’un montant de 45 milliards de francs Cfa impliquant le ministère de l’Environnement et le ministère des Finances et du budget, dirigés respectivement, au moment des faits, par Abdou Karim Sall et Abdoulaye Daouda Diallo. Vu la « gravité extrême » des faits soulevés, le Forum Civil estime, que le gouvernement du Sénégal ne « saurait garder le silence car, ils concernent la gestion problématique de l’argent du contribuable en relation avec des acteurs cités dans des activités de ventes illicites d’armes, sources de criminalité transfrontalière ».

Dans un communiqué, Birahime Seck et ses camarades « trouvent qu’il n’est pas acceptable que le Sénégal, au vu de sa stature et de son image internationale, soit cité dans ce type de relations contractuelles impliquant ses plus hautes autorités, sans apporter des explications claires et exhaustives ». Ainsi, la section sénégalaise de Transparency international, invite le chef de l’Etat à demander aux ministres Abdoulaye Daouda Diallo et Abdou Karim Sall d’« éclairer les Sénégalais sur la teneur du contrat incriminé ».

Le Forum civil invite le procureur de la République à « s’autosaisir de cette affaire qui pourrait affecter gravement l’image du pays en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme ».

L’organisation de lutte pour la bonne gouvernance appelle Alioune Ndoye, actuel ministre de l’Environnement à « faire le point sur l’existence des armes achetées, sur la base du principe de la continuité du service public ». Birahime Seck et Cie dénoncent les « agressions répétitives » aux principes de la transparence. « Le principe de transparence est foulé au pied au profit d’une opacité résultant de la destruction du système de régulation des marchés publics. Ce qui a pour conséquence gravissime, la sécrétion calamiteuse de formes de contractualisation douteuses et dangereuses préjudiciables à la bonne image traditionnelle du Sénégal sur la scène internationale », décrit le Forum civil.

De plus, s’indigne le communiqué, la domiciliation de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) à la Présidence de la République constitue un « signal fort de valorisation de la mauvaise gouvernance dans le système des marchés publics au Sénégal ». Il s’y ajoute, souligne le Forum civil, « l’absence de légalité et de légitimité du Directeur Général de l’Armp-Arcop qui a fini son mandat depuis 2017 ».

Babacar Guèye DIOP

27 octobre 2022


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