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LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ PREND LE CONTREPIED DU PROCUREUR

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Après le décès, mardi dernier, d’une femme du nom de Doura Diallo au centre de santé de Kédougou, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale a dépêché une mission d’audit à Kédougou. Conduite, selon un communiqué dudit ministère, par le Directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant, accompagné d’un représentant de la Chaire de gynécologie et obstétrique de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette mission s’est déroulée au niveau de l’hôpital régional de Kédougou, avec la participation du comité d’audit de décès maternels de la région médicale de Kédougou et de la sage-femme du poste de santé de Dalaba.

En effet, indique le communiqué, les documents qui ont permis de réaliser l’audit du décès ont été constitués du registre de consultations prénatales du poste de santé de Dalaba ; le registre de partogramme du poste de santé de Dalaba ; la fiche de référence de la patiente du poste de santé de Dalaba au centre de santé de Kédougou ; le dossier d’accouchement de la patiente au niveau du centre de santé de Kédougou, la feuille de surveillance de la patiente ; le compte-rendu de la césarienne effectuée sur la patiente ; - le carnet de santé de la mère et de l’enfant de Madame Doura Diallo.

Il faut dire que l’exploitation des différents documents cités ci-dessus a permis de constater chez la patiente décédée près de six (06) facteurs de risque susceptibles de compromettre la grossesse et l’accouchement ; les consultations prénatales de la femme au poste de santé de Dalaba, avec les fiches de référence au centre de santé de Kédougou pour une meilleure prise en charge de la grossesse ; la prise en charge de la femme au centre de santé de Kédougou le 30 Août 2022 à son arrivée, conformément aux normes et protocoles en vigueur à travers l’indication de la césarienne et la réalisation de la visite pré anesthésique dans les délais. Selon toujours le ministère de la Santé, l’exploration chirurgicale a retrouvé une rupture utérine sur une ancienne cicatrice avec propagation, ainsi qu’une hémorragie interne avec 500 ml de sang aspiré ; - devant les difficultés d’extraction du fœtus et l’absence de signes de vie dudit fœtus.

Une embryotomie a été réalisée dans le but d’arrêter le saignement pour sauvetage maternel, une hystérectomie d’hémostase a été effectuée, suivie de la mise en place d’un drain pour évacuer le sang résiduel et surveiller d’éventuels saignements ; - l’intervention a duré environ trois heures (3 heures) de temps ; en fin d’intervention, la patiente a présenté un arrêt cardiorespiratoire suivi d’une réanimation sans succès ; le décès a été constaté à dix-neuf heures (19 heures). Avec ces éclairages, le ministère de la Santé et de l’Action sociale prend le contrepied du procureur de la République de Kédougou qui, dans son réquisitoire sévère, évoque « une forte négligence médicale ainsi qu’un manquement manifeste aux règles élémentaires de la médecine »

Cheikh Moussa SARR

4 septembre 2022


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