LE NOBEL DE LA PAIX ATTRIBUE AU PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

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Distinction

Rendez-vous très attendu de la saison Nobel, le prix de la paix a été attribué au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Le jury du Nobel a voulu le distinguer « pour ses efforts pour combattre la faim » et « pour prévenir l’utilisation de la faim comme une arme de guerre ».

Le Nobel de la paix a récompensé ce vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a annoncé le comité Nobel norvégien, faisant valoir que le besoin de solutions multilatérales était « plus visible que jamais ».

Recevoir le Nobel de la paix est un « moment de fierté », a réagi un porte-parole du Programme. « L’une des beautés des activités du PAM est que non seulement nous fournissons de la nourriture pour aujourd’hui et demain, mais nous donnons aussi aux gens les connaissances nécessaires pour subvenir à leurs besoins dans les jours qui suivent », a déclaré aux médias Tomson Phiri, lors d’un point de presse régulier à Genève.

Le Programme alimentaire mondial est une puissante organisation qui opère depuis près de six décennies dans les zones en proie aux calamités naturelles où aux conflits armés pour porter une aide d’urgence aux populations sans ressources.

Situation aggravée avec le coronavirus

Créée en 1962 à la demande du président américain Dwight Eisenhower, le PAM est récompensé, cette année, alors que la pandémie due au nouveau coronavirus a fortement augmenté le nombre de victimes de famines à travers le monde.

En 60 ans, le PAM a connu une large « sophistication » de ses moyens d’action. Alors que ses missions originelles consistaient, pour l’essentiel, à porter des denrées d’un point A à un point B, il fonctionne avant tout aujourd’hui en fonction de programmes alimentaires, éducatifs, nutritionnels, répartit les fonds récoltés pour un usage optimal, distribue des bons d’achat ou des sommes en espèces.

Une aide mensuelle à plus d’un million de personnes

Pas moins d’1,1 million de femmes et enfants de moins de cinq ans reçoivent un appui nutritionnel de la part du PAM chaque mois. Le programme affrète l’équivalent de 5.600 camions, 30 navires et près de 100 avions chaque jour, souvent via des ONG et des transporteurs privés. Localement, dans des pays inaccessibles, l’organisation utilise aussi des ânes.

En raison des conflits, mais aussi des conditions climatiques extrêmes et des chocs économiques, le nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë dans le monde a bondi de près de 70 % ces quatre dernières années.

Plus de 821 millions de personnes dans le monde souffrent de faim chronique, alors que 135 millions d’autres connaissent la famine ou des carences critiques en alimentation, auxquelles pourraient s’ajouter 130 millions de personnes supplémentaires à cause de la pandémie.

C’est encore l’Afrique qui paye le plus lourd tribut à cette situation de famine, avec 73 millions de personnes touchées sur 135 millions. Parmi les pays dont la population est la plus fortement affectée figurent le Soudan du Sud (61 %), le Yémen (53 %) ou l’Afghanistan (37 %). C’est d’ailleurs au Yémen que le PAM a mis en place sa plus grande opération, afin d’aider 10 millions de Yéménites « en situation d’insécurité alimentaire aiguë ».

Les deux-tiers du travail du PAM s’effectuent dans des zones de conflit. L’aggravation de l’insécurité alimentaire est sensible dans ces zones, comme la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud, ou des pays touchés par une aggravation de la sécheresse ou de leur situation économique, comme Haïti, le Pakistan et le Zimbabwe.

Avec le coronavirus, la situation pourrait encore se dégrader, d’après le rapport, car ces pays ont « une capacité très limitée voire inexistante à faire face aussi bien aux conséquences sanitaires qu’économiques » de cette crise sanitaire.

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