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LE OUI-MAIS DES ÉTUDIANTS DE L’UCAD

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Les étudiants constituent des éléments importants et incontournables dans la stratégie des leaders politiques. Leur apport est très convoité en cette période de campagne électorale pour les législatives du 31 juillet 2022. Toutefois,les avis sont partagés à l’Ucad. Si certains étudiants sont « sceptiques » sur l’importance de cette campagne et de son issu, d’autres, en revanche, louent l’intérêt et l’importance de la jeunesse, surtout estudiantine, pour cette prochaine législature.

En période de campagne électorale pour les législatives 2022, il est 16 heures sur l’avenue Cheikh-Anta-Diop (Ucad). Le climat adouci par la forte pluie qui s’est abattue le mercredi matin. Après les bouchons causés par les eaux de ruissellement qui avaient fini de ralentir la circulation, la scène des allers et retours incessants des véhicules s’intensifie et se multiplie. A l’entrée de l’université Cheikh-Anta-Diop, les vigiles exigent tour à tour l’identification des visiteurs. Devant le portail, aucun signe politique ou indice ne renseigne qu’on est en période de campagne électorale.

Assis à coté de ses deux amis, Dame Sène pense que la campagne électorale ne l’anime pas autant. Pour lui, elle est pour ceux qui s’intéressent à la politique. « Personnellement, je ne vois pas ce qu’elle peut nous apporter. Cette campagne électorale ne nous sert à rien en tant qu’étudiant. Actuellement, nous nous occupons de cette imminente fin d’année. L’heure n’est pas aux railleries », argue-t-il, l’air rassuré. Ce natif de Fatick estime que « rester à l’université et laisser les hommes politiques occuper le terrain est la meilleure solution pour les étudiants. » Un avis que ne partage point son ami Alpha Sène, qui pèse « l’important rôle que jouent les étudiants » dans ces joutes électorales. « Les étudiants peuvent être utiles dans la sensibilisation et la massification pour leurs listes. C’est un aspect primordial à prendre en compte », estime Alpha Sène. Avant de préciser : « les jeunes ne doivent servir, en aucun cas, comme chaires à canon ou comme boucliers pour les hommes politiques. Ils (les jeunes) sont des porteurs d’espoir et ne doivent servir que pour la cause commune, l’intérêt du pays. »

«  Les étudiants peuvent être utiles dans la sensibilisation et la massification »

« C’est un devoir pour les jeunes d’accompagner, d’intégrer et de participer aux différentes activités des partis », fait savoir Abdoulaye Sow, étudiant en Science politique à l’Ucad. Pour le jeune militant du « mouvement les Serviteurs », les étudiants doivent « s’intéresser à la politique ». En tant « qu’avenir du pays, les jeunes devront appuyer les politiques dans la sensibilisation et porter haut les dignes combats démocratiques du pays », souligne M. Sow. Avec son teint clair sous son lacoste vert-menthe, le natif de Gandiole, dans la région de Saint-Louis, ne blâme pas pour autant les étudiants qui ne s’intéressent pas à la vie politique sénégalaise. « Chacun a ses principes et ses libertés. Je pense que l’apport des étudiants dans ce milieu devrait être un sacerdoce pour tous les jeunes. Le pays nous appartient, donc c’est à nous de veiller et d’accompagner pour sa bonne marche », renchérit le « serviteur », qui confirme être pleinement investi dans cette campagne électorale.

Certains étudiants, malgré la distance et les études, suivent de près leurs « leaders ». Diamé Faye assure que ces « échéances électorales sont plus que historiques et importantes pour la vie des Sénégalais et la gouvernance des ressources du pays ». L’étudiant et militant de « Yewwi Askan Wi » reste pour autant « sceptique » sur l’avenir du pays si la tendance à l’Assemblée nationale ne change pas. « Nous attendons de cette prochaine législature (la 14eme) une veille efficace sur nos ressources et représenter dignement les populations », avance Diamé. « Les prochains députés auront, poursuit-il convaincu, pour tâches de relever le niveau des débats dans l’Hémicycle et lui donner une autre envergure. »

Étudiant en science de l’environnement, Abdoulaye Ciss souligne que les étudiants ont toujours participé à la marche et à la vie politique du pays. « Nous participons à cette campagne pour accompagner notre leader, et montrer à toute la population sénégalaise le travail titanesque qu’il a abattu pour les étudiants et dans tout le Sénégal », estime le militant de « Benno Bokk Yakaar ». « Notre rôle, en tant qu’étudiant, est dans la sensibilisation des électeurs, dans la mobilisation politique et participer à la massification et à la vulgarisation de notre idéologie politique. En tant que jeune et étudiant, ce dynamisme nous revient », ajoute-t-il, avant de saluer le travail « remarquable » des députés sortants.

Dans cette optique des campagnes électorales, allier cours en amphi et politique devient désormais une équation qui, si elle semble compliquée pour certains, pour d’autres elles est loin d’être à plusieurs inconnus. Pour ces derniers, l’alchimie a été retrouvée.

Moustapha GUEYE (Stagiaire)

21 juillet 2022


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