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LE OUI-MAIS DES NÉPHROLOGUES

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L’annonce du chef de l’Etat relative à la mise en place d’un plan national contre les maladies du rein est saluée par les néphrologues. Le Professeur Abdou Niang estime qu’il faut un registre des maladies rénales. Interpellé hier par iRadio, le président de la Société sénégalaise de néphrologie s’est réjoui de la réaction du président de la République. « Nous savons qu’il est très attentif et est très préoccupé par la situation de la maladie rénale au Sénégal. Nous avons donc fait, au cours de la semaine nationale du rein, un plaidoyer en grande partie qui était destiné aux autorités mais aussi à la population. Et tout cas les néphrologues, par ma voix, expriment leur satisfaction vis-à-vis de la réactivité des autorités, et nous espérons que dans un proche avenir, nous allons pouvoir entamer ce travail qui est un grand chantier », a dit le spécialiste.

Le président de la société sénégalaise de néphrologie, de dialyse et de la transplantation a tenu tout de même à exprimer les besoins les plus urgents. « Ce que nous attendons, c’est d’abord de travailler à l’élaboration de registre de maladies rénales au Sénégal. Vous savez que pour résoudre ce genre de problème, il faut avoir un bon état des lieux. Le deuxième point, il faut certainement augmenter l’offre de soins de nos populations. Et pour le faire, il va falloir penser à augmenter les centres de dialyse », a-t-il plaidé.

« Un patient doit dépenser au minimum un million par mois… »
Le professeur Abdou Niang ajoute, dans le même registre, qu’il faut aussi développer les nouvelles techniques de dialyse comme la « dialyse péritonéale » mais aussi, comme l’a dit le président de la République, s’attaquer au chantier immense qu’est la prévention. « Nous savons qu’il y aura beaucoup de stratégies, d’activités à mener à grande échelle en dehors des populations des 14 régions du Sénégal », a indiqué le néphrologue. Sur la gratuité, il atteste que c’est important. « La maladie rénale chronique fait partie des maladies à soins couteux et où nous avons une grande population de ces malades qui va être coupable de ce qu’on appelle ‘’les dépenses catastrophiques de santé’’.

Quand on se rend compte qu’un patient souffrant de maladie rénale chronique doit dépenser au minimum un million par mois pour survivre, vous imaginez qu’il va non seulement impacter le bien être familial mais pratiquement au niveau de toute sa société », a étayé le professeur Niang. Le spécialiste estime qu’« il est extrêmement important d’avoir la solidarité aussi bien de l’Etat que de tous les proches ». C’est pourquoi, il faudra, d’après le médecin, mettre en place une stratégie cohérente pour que cette politique de gratuité soit beaucoup plus efficace. « Il va falloir encore bien travailler la stratégie pour une meilleure efficience de ces politiques de gratuité », a conclu Abdou Niang.

Suzanne SY

18 mars 2022


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