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LE PASTEUR DEVANT LA BARRE DU TRIBUNAL DE MBOUR

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André Kipre l’a échappé belle ! Ce pasteur, poursuivi pour escroquerie, par une vieille française à Saly, a bénéficié d’une relaxe. Son épouse, la domestique de la plaignante, l’a sauvé aussi.

C’est un pasteur qui était à la barre du Tribunal de grande instance de Mbour. Il est accusé d’escroquerie par une vieille française qui lui avait confié la gestion de sa villa sise à Saly. En 2016, la dame, Monique M., sous le poids de l’âge et de la maladie a, en plus, perdu son époux avec qui elle vivait à Saly. Elle se rend alors en France pour des soins et décide de laisser sa maison à sa femme de ménage, Eliza Bindia. Celle-ci obtient de sa patronne qu’elle associe son mari, André Kipre à la gestion de la maison jusqu’à son retour. Le pacte est signé. André doit louer la maison et, avec l’argent, s’occuper de l’entretien, payer les charges trimestrielles de 330 000 francs à verser au syndic, de même que le salaire de la dame Eliza Bindia.

« Je n’avais pas toutes mes facultés »

A la barre, la vieille dame n’a pas nié l’existence de cet accord qu’il a signé sur papier. Mais, explique-t-elle, « il (André) m’a obligée à le faire. Je n’avais pas toutes mes facultés ». Un abus de faiblesse qu’elle a mis sur la table. Mais le pasteur se décharge : « Elle m’appelait constamment. Je n’ai rien fait, je n’ai pris aucune décision sans son autorisation. J’ai beaucoup dépensé et je n’ai même pas comptabilisé certaines de mes dépenses comme celles relatives aux déplacements. Quand elle est rentrée, elle n’a pas voulu faire les comptes avec moi ». Pour sa part, la domestique Eliza Bindia appuie son mari et pasteur : « A la mort de son mari, elle a laissé beaucoup de dettes que nous avons payées. Je suis restée ces cinq ans sans salaire. Et c’est moi qui m’occupais de son mari quand il était malade. Je m’en suis sortie d’ailleurs avec des problèmes cardiaques ».

Pour l’avocat de la partie civile, « le couple André-Eliza a encaissé beaucoup d’argent et n’a fait aucun versement de 2016 à 2021 » et, par conséquent, « l’escroquerie n’est pas établie puisqu’il y a eu accord ». Il estime tout de même que « l’abus de confiance est avéré ». Son confrère de la défense lui rétorque que « le mandat était clair et a été exécuté ». Il ajoute : « Mon client a loué la maison et s’est acquitté de toutes les charges. On n’a pas rendu au prévenu la monnaie de sa pièce » Le pasteur a été relaxé.

Aboubakry KANE

26 août 2022


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