LE PHARMACIEN ACCUSE SON BOSS QUI SOLLICITE LA CLÉMENCE DE LA JUSTICE

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FAUX MEDICAMENTS

Alors qu’il sera déféré ce lundi pour faire face au Parquet, dans la saisie importante de faux médicaments dans une maison sise à Patte d’Oie, Zang Hai Dong a fini de passer aux aveux, sollicitant même par anticipation la clémence de la Justice.

"Je reconnais les faits qui me sont reprochés dans le cadre de cette enquête et je demande la clémence de la Justice". Ce sont là les propos tenus par le ressortissant chinois, en présence d’un interprète, à la fin de son audition, sous le régime de la garde-à-vue, dans les locaux de la Sûreté urbaine (SU) de Dakar.

Le mis en cause a reconnu qu’il était dans l’illégalité, faute d’autorisation. "Je suis entré au Sénégal le 27 septembre 2019. Ma présence dans ce pays était motivée par l’implantation de ma société dénommée Dahaico, spécialisée dans le domaine des dispositifs médicaux et des médicaments. J’en suis le Président directeur général. Ladite société a commencé à fonctionner le 1er janvier 2020, a-t-il détaillé dans des propos rapportés par Libération. La société a été montée régulièrement. Je peux mettre à votre disposition tous les papiers. Concernant la commercialisation des médicaments, nous avons accompli toute la procédure nécessaire en la matière et les dossiers ont été déposés à la Direction de la pharmacie et du médicament (DPM) mais l’autorisation n’est pas encore sortie. Si j’ai commencé à commercialiser ces trois produits (Ringer, Chlorure de sodium et glucose 5%), c’est que j’avais déjà un stock de deux containers et la date de péremption s’approchait. Ce serait un énorme manque à gagner si je ne parvenais pas à les écouler au niveau des hôpitaux, centres de santé et cliniques. Je ne suis pas habilité à conserver ces médicaments à la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA) ou à la Sodipharma parce que je ne détiens pas d’autorisation me permettant de les commercialiser. Grosso modo, j’avoue que je travaillais dans l’illégalité en attendant que les autorités compétentes me délivrent mon autorisation. Mon intention n’est vraiment pas de mettre en danger la vie des Sénégalais en danger parce que je suis spécialisé dans ce domaine, et je ne ferai jamais courir des risques au Dr Aliou BA qui est un pharmacien et en même temps le gérant de la société."

Le pharmacien en question a souligné que les trois produits ont été importés à son insu. Ainsi, a-t-il dit aux enquêteurs, "dès que le transitaire nous a demandé de chercher une autorisation d’importation, une procédure a été entamée (une demande d’homologation). Poursuivant, il enfonce son boss : "Ce sont les Chinois qui avaient importé les trois produits depuis la Chine, dans leurs containers, avec d’autres dispositifs médicaux. Je n’étais même pas au courant. C’est lorsque je cherchais l’autorisation d’importation que j’ai vu les trois produits en cause sur la facture pro-forma. C’était illégal et je peux le confirmer."

Quant aux conditions de conservation des produits, il a juré que "c’était provisoire, le temps de finir (leurs) chantiers". Par ailleurs, a-t-il expliqué sans convaincre : "nous avons commencé la commercialisation à partir de mai 2020, durant la période de la Covid-19, lorsqu’il y avait rupture de stock et sur demande des structures publiques comme privées".

Pour rappel, c’est dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 avril que la police a fait la découverte de cette importante quantité de médicaments. Les 25 pièces de la bâtisse sont toutes remplies de cartons de médicaments, composés, entre autres, des perfuseurs, de bouteilles d’alcool. Ces médicaments sont évalués à plusieurs milliards de F CFA.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf, a averti que les auteurs seront punis.

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