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LE "PROJET OCCULTE" QUE LE COLLECTIF DES TRAVAILLEURS DÉNONCE

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Les travailleurs de l’hôpital Aristide Le Dantec exigent de l’État du Sénégal qu’il se penche sur leur « sort » et demande « une transparence totale » dans la reconstruction de l’établissement. Contre la fermeture de l’édifice, ils appellent les autorités à la discussion et au dialogue.

Sous une forte pluie, le personnel de l’hôpital Aristide Le Dantec a tenu, ce samedi 20 août à la Place de la nation, à faire passer leur message : « non à la vente des terres de l’hôpital ». En effet, l’État du Sénégal a décidé de la fermeture, depuis le 15 août dernier, de l’établissement sanitaire et l’évacuation de tous les malades. La reconstruction de l’édifice est à la base de cette décision, selon les justificatifs. Les travailleurs de l’hôpital ont tenu, par conséquent, une manifestation pour protester contre la fermeture. Le président du collectif pour la défense et la sauvegarde de l’hôpital Le Dantec, Abdoulaye Dione considère que cette « supposée reconstruction n’est qu’une prétexte pour brader des terres ». Il soutient « Nous sommes d’accord que l’hôpital doit être reconstruit, et elle devait se faire depuis longtemps. Mais, l’affaire n’est pas transparente. L’établissement dispose de 6 hectares de terres. Ainsi, l’État du Sénégal veut vendre les 3 hectares à des fins communément inconnues ». La fermeture de l’édifice oblige le personnel médical et tous les travailleurs à quitter les lieux.

Dans ce sillage, M. Dione souligne que « le sort et l’avenir du personnel de l’hôpital est incertain. Les travailleurs n’ont reçu, de la part des autorités, aucune orientation ou affectation dans les autres centres médicaux ». À ce jour, 1400 agents de l’hôpital Aristide Le Dantec sont au chômage technique depuis le 15 août 2022. « Nous sommes ouverts au dialogue. Cette décision devrait être discutée afin de mettre en place un plan de reconstruction transparent et dans l’intérêt du personnel », renchérit le président du collectif, Abdoulaye Dione. « Nous allons continuer à manifester, tous les week-end, dans toutes les contrées de Dakar pour montrer notre désaccord face à cette décision de l’État du Sénégal », conclut-il, sous la pluie. Le coordonnateur national de la fédération nationale des syndicats des travailleurs de la santé et du secteur social, Cheikh Seck soutient que « dans ce projet de reconstruction, l’impact environnemental et social n’ont pas été pris en compte. Normalement, les rendez-vous médicaux des malades devraient être arrêtés six mois avant la fermeture ».

Manifestant sur le long de l’avenue du centenaire, les travailleurs de l’hôpital Aristide Le Dantec exigent la « réouverture de l’établissement médical, le rétablissement dans leurs droits et demandent au président de la République Macky Sall de cultiver le dialogue ». Sous les acclamations des manifestants, Nina Penda Faye considère la fermeture de l’hôpital telle une décision « catastrophique ». « Nous voulons plutôt un plateau médical relevé, un personnel soignant efficace et suffisant au profit de toute la population. L’hôpital Aristide le Dantec est considéré comme l’établissement des moins nantis », affirme la coordonnatrice du collectif « Patient en danger ». Selon elle, l’hôpital est un patrimoine qui doit en revanche être protégé de tout « danger et bradage ».

Malgré la fine pluie qui tombe, les manifestants scandent leur revendication « Noo lànk, noo baǹ, sunu hôpital kenn duko jaay » (nous refusons que notre hôpital soit vendu, en wolof). La foule se grossit, en présence des membres de la société civile et des activistes. Membre de « Nitu dëgg », Abdou Karim Gueye « Xrum Xax » considère qu’il « s’agit d’une décision irresponsable de vouloir fermer l’hôpital Le Dantec et de brader ses terres ». Dame Mbodj affirme « que l’hôpital pourrait être reconstruit sans l’évacuation des malades et des travailleurs. C’est une décision absurde. En plus, le scandale de la vente des terres de l’hôpital est aussi manifeste ». Avant que Guy Marius Sagna du mouvement « Noo lànk » ajoute ; « n’oublions pas que le seul appareil de radiothérapie se trouve dans cet hôpital. Ainsi, nous avons moins de chance que cet appareil fonctionne à nouveau, d’où l’intérêt de revoir ce projet de reconstruction ». L’État ne prévoit rien. Macky Sall et son régime veulent s’accaparer des terres de l’édifice, poursuit-il, au détriment de la santé des populations et du moyen de subsistance des travailleurs de l’hôpital.

Moustapha GUEYE (Stagiaire)
Pape Doudou DIALLO (Photos)

20 août 2022


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