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LE RAMEAU D’OLIVIER DE MACKY ET LE COUP DE CANIF DE POUTINE

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On aurait pu en parler comme d’un théâtre des rêves pour faire allusion aux Anglais de Manchester s’agissant d’Old Trafford. Mais l’idée est venue du Spartak de Moscou au détour de la coupe du monde 2018. L’utopie est la réalité de demain. On n’en est plus au stade onirique. Le bâtisseur de la nouvelle ville de Diamniadio a mis les petits plats dans les grands. On peut épiloguer sur le coût faramineux et le défi de la maintenance. On est en droit de s’inquiéter de la perte de sens des priorités et la dette publique qui explose. On peut aussi analyser les événements sous l’angle de la folie des dépenses de prestige. Mais on prendrait sûrement de la hauteur en mêlant sa voix aux hommages appuyés à l’endroit de celui et de ceux qui ont rendu possible la réalisation du stade du Sénégal renommé Abdoulaye Wade, le dernier des Mohicans. Sans doute la plus grande figure politique de ces 40 dernières années.

Celui qui a ouvert nos yeux restés longtemps atteints de myopie, voire fermés. Nous le disions ici même en citant l’un des meilleurs reporters sportifs Sénégalais de tous les temps. Il disait ce qui suit : « Le football est une religion dont les mosquées, églises et synagogues sont les stades. » Les nouvelles générations de projets sorties de terre dernièrement sont dignes d’éloges.

Le pays paraît immobile mais ne s’est pas momifié. Ni sous Macky. Ni sous Wade. De la même manière, les devanciers Senghor et Diouf ont posé des jalons importants. C’est une évidence. Toute gestion qui parvient à enfiler des perles sur le collier est, il est vrai, soutenue par la compétence et le talent. Elle suppose aussi de la baraka. Macky Sall n’en est pas dépourvu. Son excès de normalité est peut-être un boulet. Ce qui est constant est qu’il n’est pas poisseux. Ce 24 février 2022, il a épuisé 3 années après sa réélection. Encore 24 mois de magistrature suprême.

À chaque fois qu’on entre, il faut penser à la sortie. Il faut lui souhaiter qu’elle soit honorable et ordonnée. Il n’y a pire qu’une candidature de trop ou une sortie ratée. C’est la pire des punitions. Pour réussir les dernières foulées, il faut se méfier des courtisans. Ils sont de mauvais conseillers. Le président a-t-il d’ailleurs une fois été bien conseillé en matière de communication ? Tout au long de sa gouvernance, la communication tordue a été et demeure son point faible. Il a d’énormes problèmes dans ce domaine. Le service après-vente de son œuvre n’a été que très peu assuré.

Le récit et le narratif sont si mauvais que peu de monde voit la portée de tout ce qu’il a fait. Ni capitalisation ni optimisation. Le silence assourdissant quant à la désignation du PM n’arrange rien. Il laisse libre cours aux interrogations. Contractions. Accouchement difficile. Enfantement dans la douleur. Le gouvernement aussi pourrait être enfanté dans la douleur. Ça fait quatre mois qu’on tourne en rond. Sauf qu’entre-temps tout s’enchevêtre : le folklore, le divertissement, la chute du pouvoir d’achat, l’école devenue folle, le capital humain coiffé sur le poteau par l’expansion de la pierre et du béton.

Notre pays n’est pas un îlot lointain coupé du monde. Poutine, le tsar fait comme les Tatars dont chaque flèche portait le nom de son archer. À la place du cœur, il aurait une pierre. Il n’est pas mou mais assez fou pour lancer une guerre-éclair contre l’Ukraine. Les dictateurs et bellicistes s’en tapent du droit international. Comme la Société des Nations, l’Onu n’est plus qu’un gadget qui ne sert à rien. Russie, Chine ou Amérique : chacune n’en fait qu’à sa tête. Les milliers de têtes nucléaires qu’elles détiennent nous disent qu’il n’y aura pas de 4ème guerre mondiale. Puisque nul ne survivra à la 3ème. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

25 février 2022

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