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LE RÉCIT GLAÇANT DE LA FEMME ACCUSÉE D’AVOIR BRÛLÉ VIF SON MARI

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Après plusieurs renvois, l’affaire Aïda Mbacké, du nom de cette dame qui avait brûlé vif son mari, Khadim, a été jugée, ce mercredi, à la barre de la chambre criminelle. Devant le président de ladite juridiction, la dame a nié avoir prémédité son geste. Elle a commencé par expliquer au tribunal ce que Khadim était tout pour lui. "C’était mon ami, mon confident. Il était plus qu’un mari pour moi", a-t-elle dit. Avant de poursuivre : "certes on avait des problèmes comme tout couple mais je ne pouvais pas supporter le fait qu’il ait pris une seconde épouse à mon insu". Sur la question de savoir comment elle a su que son mari avait une autre femme, elle a rétorqué que c’est une certaine Khadija qui l’en a informé.

"Mon mari avait pris une autre épouse en catimini"

"Un jour alors que son téléphone était en charge, je l’ai pris et à ma grande surprise j’ai vu des cœurs. Lorsque je l’ai interpellé sur ça, Khadim m’a dit qu’il s’agissait de sa collègue. Et que cette dernière le considère comme son fils. Cette explication ne m’a pas convaincu parce que sur le profil je voyais une jeune fille", a-t-elle dit d’une voix tremblotante. A la barre de la chambre criminelle de Dakar, elle a avoué avoir pris contact avec la fille qui lui a demandé à son tour de demander à son mari si vraiment elle était sa femme. " Cette fille m’a dit beaucoup de choses sur moi. Elle m’a même dit que je n’étais pas dans le domicile conjugal. Comment a-t-elle su tout cela ? Comme j’étais stressée et enceinte, je suis tombée malade. On l’a appelé à plusieurs reprises mais il n’est pas venu. J’étais tellement déçue parce qu’il ne m’a même pas demandé l’état de ma santé", a-t-elle aussi dit.

"Mon père et mes frères m’ont laissé. Je n’ai plus personne dans ma vie"

Revenant sur les circonstances du décès de son défunt mari, elle a indiqué que lorsqu’ils étaient tous les deux dans la chambre, il lui avait clairement dit qu’elle préfère se suicider que de le partager avec une autre. "Sous l’emprise de la jalousie, j’ai pris un liquide inflammable que j’ai versé sur nous deux. Ensuite, j’ai pris un briquet pour allumer le feu. J’aurais préféré mourir avec lui que de le partager. J’étais dévastée parce que je ne pouvais pas imaginer que mon mari me partageait avec quelqu’un d’autre".

Face au juge, elle a soutenu qu’elle regrette son acte. La preuve ? Elle n’arrive plus à dormir les nuits. Elle passe tout son temps à prier pour son défunt mari. En réponse à une question du juge, la mise en cause a soutenu que son frère et certains membres de sa famille ne lui adressent plus la parole. "Je n’ai plus personne dans ma vie", a-t-elle déclaré les larmes aux yeux. Tour à tour, les témoins ont confirmé que Khadim était en flammes et que c’est Aïda Mbacké qui était avec lui au moment des faits.

Les faits

S’agissant des faits, la mise en cause, sous l’emprise de la jalousie, avait surpris son mari dans leur appartement aux Maristes. C’était pour le brûler vif avant que ce dernier ne rende l’âme. Grièvement brûlées aux mains, Aida Mbacké a été conduite dans une structure sanitaire où elle séjournera pendant 20 jours. Il faut dire que son séjour à l’hôpital a été prolongé par son accouchement par césarienne.

Par la suite, les éléments de la Brigade de recherches de Dakar ville avaient ouvert une enquête pour connaître les vraies raisons de cet acte de barbarie. Les pandores ont donc bouclé leur enquête et ont conclu à un meurtre prémédité. C’est sur ces entrefaites que le procureur de la République avait donné des instructions pour qu’elle soit placée en garde-à-vue. Le maître des poursuites lui avait même rendu visite pour s’assurer de son état de santé.

Cheikh Moussa SARR

3 novembre 2021