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LE SECTEUR AVICOLE INFORMEL TIRE LA SONNETTE D’ALARME

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Cette Korité ne ménage pas les ménages. Le poulet de chair est cher et c’est toute une chaîne qui bat de l’aile.

Depuis quelques années, une certaine anarchie règne dans le secteur avicole. Selon des chiffres de l’Ipar, pas moins de 80% des acteurs exercent dans le secteur informel. Baka en fait partie. Ce jeune homme, qui a son poulailler dans la zone de Keur Massar, est bien connu dans le milieu. Depuis plus de 5 ans, il est dans le secteur non formel. Pourtant, il reconnaît bien que l’informel, dans le secteur avicole, risque bien de déstabiliser le marché, notamment les prix et les qualités de marchandises écoulées.

Pour la fête de Korité, prévue en début de semaine, Baka n’est pas très rassurant concernant l’approvisionnement du marché en poulets de chair. Prenant son cas, avec les nombreuses commandes qu’il a déjà reçues, il estime que le marché ne se sera pas assez ravitaillé. Ses propos sont confirmés par le président des Aviculteurs indépendants du Sénégal (Avis), Fallou Samb. Selon lui, il y aura effectivement un manque de poulets pendant la Korité. S’il en sera ainsi, c’est parce que leur secteur est confronté, depuis quelques temps, à de nombreuses difficultés qui font que les producteurs ne parviennent plus à s’en sortir.

« Il y a plusieurs facteurs défavorables. La première, c’est que depuis le début du Covid, pas mal de producteurs ont été impactés. Ensuite, il y a une augmentation du prix de l’aliment de volaille. Il a triplé en moins d’une année alors que le prix du poulet de chair n’a pas bougé. Ce qui fait que plusieurs d’entre nous n’arrivaient plus à tirer leur épingle du jeu. Le prix du kilogramme du poulet de chair, on l’achetait à presque 2000 F CFA. Alors que le prix des autres viandes varie entre 4500 F CFA et 5 000 F CFA », renseigne M. Samb.
La crise économique au niveau mondial à cause de la guerre en Ukraine n’a pas également épargné les aviculteurs. Cette guerre a entraîné un manque de matières premières pour faire de l’aliment de poussins. « Au moment où je vous parle les producteurs n’ont pas d’aliments. Certains d’entre eux restent deux à trois jours sans ravitailler leurs sujets à cause du manque de matières premières que nous ont déclaré les provendiers. Vu sous cet angle, on ne peut pas dire avec exactitude qu’il y aura assez de poulets sur le marché », a-t-il indiqué.
Selon une étude réalisée par Ipar en 2019, quelques 55 millions de poussins avaient été produits, soit un chiffre d’affaires de 25 milliards de FCFA pour une production de 78 457 tonnes de poulets et un chiffre d’affaires de 125,5 milliards de FCFA pour la filière moderne seulement contre 9 203 tonnes en 2005 et un CA de 13,8 milliards de FCFA. Les œufs de consommation produits sont passés de 324 millions en 2005, 519 millions en 2013 à 885 millions en 2019 avec un chiffre d’affaires de 52,6 milliards de FCFA. L’aliment de volaille se chiffre à un coût d’environ 92 milliards de FCFA, soit un total estimé à 200 milliards de FCFA (Mepa, 2020). La filière est créditée aujourd’hui de près de 100 000 emplois directs et indirects en milieu urbain et péri-urbain.

Babacar FALL

30 avril 2022


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