« LE SECTEUR INFORMEL RESTE LE PARENT PAUVRE DU COUVRE-FEU »

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LR DU TEMPS

L’Etat d’urgence assorti d’un couvre-feu décrété par le chef de l’Etat, depuis le 6 janvier, impacte négativement le secteur de l’économe. L’informel en premier lieu. C’est l’avis de l’Economiste international, Pape Demba Thiam. Invité à l’émission Lr du Temps, ce dimanche, Thiam estime que le secteur informel, un pan important de l’économie sénégalaise, reste le parent pauvre de ces mesures prises.

« D’une manière générale, le coronavirus est un accélérateur de pauvreté. Parce que, les modèles de développement que nous avions, qui ne sont pas des modèles de développement, mais des ajustements permanents, en fonction de ce que nous demandent les institutions qui nous prêtent de l’argent. Ces modèles ont créé la pauvreté en créant la vulnérabilité structurelle qui détruit le développement et qui ne crée pas de la richesse partagée. C’est ce qui a explosé le secteur informel qui est une réponse à l’échec de l’économie formelle. Mais, c’est un secteur, que malheureusement ceux qui nous donnent des prescriptions ne comprennent pas. Ils ne savent même comment s’appuyer sur le dynamisme du secteur informel pour développer notre économie », a-t- il fait savoir.

Sur la même lancée, la directrice de Osiwa Pays au Sénégal, Hawa Ba, trouve que le couvre-feu se fera sentir dans les ménages. Pour elle, ce sont les travailleurs du secteur informel qui seront lésés, en grande partie, par ces mesures. « Nous avons déjà vécu un couvre-feu lors de la première vague. Haut delà du couvre-feu, toutes les mesures qui ont été prises ont eu un impact considérable sur le plan économique chez les Sénégalais. Mais surtout, sur la majorité de la population dont 90% des revenus dépendent des activités informelles. Ces activités vont se retrouver avec une baisse des heures de travail qui va absolument avec une baisse de revenus. D’autant plus que les mesures d’accompagnent, lors de le première vague, n’ont pas semblé être à la hauteur des pertes subies. Il y a eu à la fois une fragilisation économique des travailleurs et une vulnérabilité accrue des ménages qui dépendent de ces travailleurs », a-t-elle signalé.

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