LE SÉMINAIRE GOUVERNEMENTAL DÉTAILLÉ PAR SOULEYMANE NDÉNÉ NDIAYE ET ABDOUL AZIZ MBAYE

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POLITIQUE

Pour 48 heures à compter de ce vendredi, 6 septembre 2019, le Gouvernement du Sénégal entre en conclave, avec la tenue d’un séminaire dont l’objectif est d’imprimer une nouvelle orientation et un nouveau rythme à l’action gouvernementale. Sous la houlette du chef de l’Etat, Macky Sall, et loin des regards indiscrets, ce séminaire, qui se tient à huis clos, a pour but de mettre à niveau les acteurs de l’administration publique. Selon des sources proches du Palais, les questions des réformes administratives ainsi que celles relatives à la rationalisation du train de vie de l’Etat seront au cœur des échanges.

« La volonté d’accélérer la cadence, pour plus d’efficacité et de résultats dans la gestion des affaires publiques, est manifeste. Elle s’est traduite récemment par les premiers jalons pour une réduction du train de vie de l’Etat. Cela commence naturellement par mettre à niveau les acteurs majeurs de la conduite de la politique du chef de l’Etat que sont les membres du Gouvernement qui, à leur tour, seront chargés de faire répercuter les mesures enclenchées ou prévues au sein des services rattachées, afin d’harmoniser la politique publique », détaille une source proche du président Sall.

Emedia.sn a également pris langue avec Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier ministre sous le magistère de Me Abdoulaye Wade, et Abdoul Aziz Mbaye, ancien Directeur de Cabinet du Macky Sall, pour en savoir davantage sur la tenue d’un séminaire gouvernemental, qui diffère d’un Conseil des ministres classiques.

Ainsi, après avoir lancé officiellement, le 5 août 2019, le Programme d’appui à la modernisation de l’administration (Pama), le chef de l’Etat a pris la décision, à compter de ce 1er septembre 2019, de restreindre l’abonnement des fonctionnaires auprès des opérateurs de téléphonie mobile, avec la suspension de tous les appels sortants. Seuls les appels entrants sont maintenus jusqu’au 30 septembre prochain avant que les lignes ne soient intégralement résiliées. À cet effet, une allocation forfaitaire a été intégrée dans les salaires de ce mois d’août 2019 des ayant-droits.

UN SÉMINAIRE GOUVERNEMENTAL, C’EST QUOI ?

Ces mesures prises imposent naturellement une réunion de mise à niveau pour ceux qui sont chargées de conduire la politique du président de la République. Cette nouvelle façon, de faire dans l’administration est à l’origine du séminaire gouvernemental qui se tient ce vendredi et samedi au Palais de la République et qui concerne des thématiques telles que : les réformes administratives et institutionnelles, la rationalisation des dépenses publiques, la gestion du budget de l’Etat… « La vocation de ce genre de séminaire, c’est de délivrer des informations ou des enseignements que les séminaristes n’ont pas », explique l’ancien Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye.

L’on peut alors se demander si la tenue du Conseil des ministres n’aurait pas suffi à régler ces questions. Toutefois, l’organisation d’un séminaire gouvernemental diffère du Conseil des ministres dans l’orientation même du menu des échanges, plus centré ici sur des thématiques bien définies là où, en Conseil des ministres, chaque département ministériel fait le point sur l’état d’avancement des missions. La nuance peut également être perçue dans l’orientation des échanges, moins formelles, plus dans la pédagogie.

Mais, comme les réunions hebdomadaires organisées autour du président de la République, le séminaire gouvernemental est aussi un moment d’échanges intenses et très utiles sur les affaires publiques, nous confie Abdoul Aziz Mbaye. « Une chose normale », selon l’ancien Directeur de Cabinet du président Sall, qui pense « qu’avec la formation du gouvernement et la présence de nouveaux un tel séminaire pourrait bien être utile ».

« Ce genre de séminaire peut consister à donner des enseignements qui peuvent porter sur le protocole, et dans ce cas, c’est chef du protocole qui doit faire le séminaire à l’intention des membres du Gouvernement. Ou bien simplement, à la conduite des affaires, et dans ce cas, c’est le président de la République, qui, après avoir constaté des failles dans son gouvernement, regroupe ses ministres pour leur dire ce qu’il attend d’eux par rapport à la conduite des affaires qui leur sont confiées », renchérit l’ancien chef de Gouvernement sous le règne Me Abdoulaye Wade.

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