LE SÉNEGAL, CHAMPION DE L’HYDRO-DIPLOMATIE

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EAU, PAIX ET SÉCURITÉ

Le 9e Forum de l’eau aura lieu, au Sénégal, du 21 au 26 mars 2022. Organisé à mi-chemin de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, le Forum mettra un focus particulier sur les réponses apportées et à mettre en œuvre pour l’accès universel à l’eau et à l’assainissement dans un monde en proie aux changements climatiques, la croissance démographique avec une forte pression sur la ressource pouvant menacer la paix et la stabilité mondiales. D’où le thème retenu : ’’La sécurité de l’eau pour la paix et le développement".

Déjà, "l’eau devrait être vecteur de paix et non de conflit", prône le Secrétaire exécutif du 9e Forum mondial de l’eau, Abdoulaye Sène, intervenant ce jeudi, lors de la 2e réunion des parties prenantes, à Diamniadio.

"Un monde de paix, qui se développe grâce à l’eau et dans la solidarité"

"De ce point de vue, s’est-il félicité, le Sénégal (est) reconnu comme un modèle et un exemple. Le Sénégal est le premier pays au monde à avoir porté le débat sur eau, paix et sécurité, devant les Nations Unies, lors de sa présidence du Conseil de sécurité en novembre 2016. Et, le monde nous remercie pour cela. Parce que nous avons su démontrer que l’eau pouvait et devait être un lien, un facteur de solidarité mais surtout un facteur de développement pour tous. Le Sénégal est l’un des rares pays au monde à accueillir dans sa capitale, ici, à Dakar, le siège de deux organisations de bassins transfrontaliers : l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal) et l’OMVG (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie). Ailleurs, vous avez vu des fleuves autour desquels, il y a des tensions très fortes. Beaucoup de gens craignent que l’eau soit source de conflit, de guerre. Mais, le Sénégal est en train de faire le plaidoyer pour une diplomatie, et pour faire en sorte, comme nous l’avons démontré dans notre sous-région, que nous puissions offrir l’exemple du Sénégal, de l’OMVS et de l’OMVG, pour que les autres s’en inspirent et que nous puissions espérer avoir un monde de paix, qui se développe grâce à l’eau et dans la solidarité."

L’exemple de l’OMVS

Si le Sénégal est cité en exemple, "il y a pleins de bassins où cela ne se passe pas bien et les collectivités territoriales, amont et aval, se battent", a mis, un bémol, le Secrétaire général de Cités et Gouvernements locaux Unis d’Afrique (CGLU-Afrique), Jean Pierre Elong Bassi.

En réponse, le haut-commissaire de l’OMVS, Hamed Diané Semega, expliquant le modèle de réussite du Sénégal, a insisté sur la volonté politique. "Les questions de l’eau sont, déjà, au cœur de la géostratégie mondiale. Je suis un fervent défenseur de la cause des bassins. En Afrique, ce besoin urgent de scinder ces fameux bassins est une évidence. S’il n’y a pas une volonté de partager, il y a nécessaire une conflictualité. L’OMVS aura 50 ans, l’année prochaine. Elle a démontré que lorsqu’on veut on peut. Sur une ressource aussi vulnérable que l’eau, sujet à tous les aléas climatiques, quatre États se sont donné la main, en partageant cette eau, en donnant à l’organisation que je dirige l’entière responsabilité et l’ensemble des interventions. Le succès de l’OMVS réside surtout sur le statut des ouvrages communs. C’est-à-dire, nous avons un barrage au Mali, de Manantali, qui n’appartient pas au Mali, mais à la fois au Mali, à la Mauritanie et au Sénégal. Et, la Guinée va faire bientôt acte de candidature pour être également propriétaire. Le processus suit son cours. Le Diama, qui est à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, appartient au trois pays. C’est une bizarrerie africaine mais surtout une success story africaine. Nous recevons, de partout du monde, des délégations, qui viennent voir, comment sur un fleuve transfrontalier, dans un contexte marqué par les changements climatiques, ses peuples peuvent coopérer. La plus forte raison, c’est la volonté politique".

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