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LE SÉNÉGAL ENTRE CHOIX DIPLOMATIQUE ET L’INTÉRÊT NATIONAL

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En l’espace d’une semaine, le conseil de sécurité des Nations unis a voté une vingtaine de résolutions. Certains relatifs à l’éducation, au développement et l’environnement ont été adoptés sans débat. Cette fois-ci, le Sénégal n’a pas ni craint des conséquences diplomatiques, ni alimentaires encore moins, énergétiques, en condamnant les actes russes en Ukraine. Cependant la posture de non-alignement du Sénégal peut susciter quelques interrogations dans les résolutions sur la situation des droits de l’homme. En effet, le jeudi 6 octobre dernier, le Conseil des droits de l’homme a choisi de ne pas organiser un débat sur la situation des droits de l’homme dans la région autonome Ouïghoure du Xinjiang (Chine) alors qu’une dizaine de pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et plusieurs pays européens avaient demandé au Conseil d’organiser un débat sur cette région. Mais le projet de décision a été rejeté lors d’un vote.

Le Sénégal fait partie des 19 voix qui ont voté contre, 17 pour et 11 abstentions. Dans une résolution sur la situation des droits de l’homme en République arabe syrienne, adoptée par 25 voix pour, 6 contre, le Sénégal figure parmi les 16 pays qui se sont abstenus. Il a voté contre la résolution sur la situation des droits de l’homme en Éthiopie. En revanche, le Sénégal s’est abstenu dans une résolution sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Il s’est également abstenu sur la situation des droits de l’homme en République bolivarienne du Venezuela. Cette position du Sénégal sur les droits de l’homme semble avoir été déterminée par ses préférences géopolitiques et surtout son intérêt national. Sa position en faveur de Kyiv peut avoir un lien avec la visite du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba. Ce dernier avait promis que son pays enverrait "des bateaux pleins de céréales pour l’Afrique’’. Sa posture en faveur de la chine de ne pas organiser un débat sur la situation des droits de l’homme dans la région autonome ouïghoure, en dit long. Il faut rappeler que Pékin avait également annoncé fin août, l’annulation de 23 prêts accordés à 17 pays africains. Cela revient à dire qu’en diplomatie, l’intérêt national dissipe les questions des Droits de l’homme.

F. B. CAMARA

15 octobre 2022


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