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LE SÉNÉGAL EST À MOINS 5%

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Des chercheurs réunis à Dakar relèvent la faiblesse de l’usage de la fixation d’azote dans l’agriculture qui tourne autour de 5%. Cela en dépit de la disponibilité des recherches.

Le 19e congrès de l’Association africaine pour la fixation biologique de l’azote (Aabnf) s’est ouvert, mardi, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Des chercheurs réunis à Dakar relèvent la faiblesse de l’usage de la fixation d’azote dans l’agriculture qui tourne autour de 5%. Le docteur Saliou Fall, chercheur à l’Isra et directeur du Laboratoire biologique qui a la charge d’organiser ce 19e congrès africain a fait une analyse sur l’utilité des recherches.

« On est en train de vulgariser, il ne se fait pas peut-être à une grande échelle parce qu’aujourd’hui nous sommes au niveau des champs des producteurs à travers l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra), à travers l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et l’Ucad. On accompagne les producteurs à utiliser cela mais cela ne suffit pas, il faut que ça soit accessible à tous les Sénégalais qui veulent utiliser cette technologie-là », a-t-il dit. D’après lui, il s’agit d’une technologie qui remplace quelque part l’utilisation des engrais. « On sait quelque part que les engrais ont un effet néfaste sur l’environnement. Donc, ce qu’on demande aujourd’hui c’est un appui plus fort au plus haut niveau, que ce soit au niveau de l’Etat. On parle aujourd’hui de sécurité alimentaire et je pense qu’on a besoin d’un appui pour que cette technologie puisse être accessible à l’ensemble des Sénégalais », a ajouté Dr Fall.

Interpellé sur le taux d’utilisation de la fixation d’azote dans les champs, M. Fall estime qu’il est assez faible. « Je ne peux avancer de chiffre exact mais je dirais qu’on est à moins de 5% d’utilisation alors que, potentiellement, on a la capacité d’avoir 50% ou plus. On souhaiterait que le secteur privé ait un rôle assez important à jouer », a-t-il ajouté. Non sans souligner qu’ils sont prêts à mettre les résultats à la disposition des populations et à les accompagner.

Les micro-organismes, la solution à adopter
« On ne peut pas faire des choses alors que les micro-organismes sont capables de le faire. Ces micro-organismes existent, des laboratoires, des expertises, existent au Sénégal, on y travaille pendant presque une cinquante d’années », indique Dr Saliou Fall. Abordant dans le même sens, le président de la Aabnf, Beki Abdel Kader a souligné : « L’azote est partout. On a besoin de protéines qui le constituent. Les caractéristiques de l’Adn permettent de fixer l’azote. Les aliments ont besoin de fourrage c’est de la fixation d’azote qui est la pierre angulaire et elle est très importante parce qu’elle touche certains micro-organismes qui sont dans le sol et qu’on ne voit pas. Il y a 70% de la quantité d’azote sous forme gazeuse, ni vous ni moi ne peuvent la réduire et la rendre utile aux organismes sauf certaines bactéries. C’est pour vous dire combien ils sont forts. »

Suzanne SY

30 novembre 2022


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