image

LE SÉNÉGAL SUBMERGÉ PAR LE VARIANT DELTA

image

Il y a quelques mois de cela, entre juillet et août, la situation sanitaire s’est aggravée au Sénégal. Le pays subit alors une troisième vague de Covid-19, due au variant Delta. Le nombre de décès monte en flèche. Les hôpitaux de la capitale sont au bord de la saturation. Le 15 juillet, le Pr. Souleymane Mboup, directeur de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) évoque le chiffre de 30% des infections causées par le variant Delta. « Ce qu’on a remarqué dans cette troisième vague, c’est qu’on a presque une disparition du variant Alpha et ce qui prédomine, maintenant, c’est le variant Delta. Dans nos derniers échantillons, il constitue 30 % des nouvelles infections », alerte le. Pr Mboup.

À Dakar, l’épicentre de la crise, les hôpitaux ont été submergés et le personnel de santé au bord de la rupture. Dans les salles de réanimation la situation empire et plusieurs hôpitaux de Dakar sont obligés de déprogrammer les actes chirurgicaux non urgents, afin d’augmenter le nombre de lits. Pour ne rien arranger, les centres de réanimation font face à un déficit d’oxygène.

En juillet, un pic quotidien de 1700 cas est enregistré. Le pays enregistre un taux de positivité avoisinant les 40%.

Record d’enterrements dans les cimetières

Les cimetières de la capitale sont, également, submergés. A Yoff, le plus grand cimetière de Dakar, on pratique trois fois plus d’inhumations qu’en temps normal, tandis que le cimetière chrétien Saint-Lazare accueille en un jour autant d’enterrements qu’en une semaine habituellement. "Nous, en une semaine, on faisait six à sept enterrements. Actuellement, en une seule journée, on peut faire six à sept. Par rapport à la première vague, on ne l’a même pas senti ici. Avec tous les enterrements qu’on a fait ici, ceux qui sont Covid-19, on n’en n’avait même pas une dizaine. La deuxième vague, on en avait, mais pas tellement. Mais par rapport à cette troisième vague, on l’a subi vraiment de plein fouet", confirme Habib Sagna, responsable du cimetière de Saint-Lazare,.

Si la situation est alarmante, les autorités refusent pour autant de confiner le pays comme lors de la première et la seconde vague, afin d’éviter d’ajouter la crise sociale à la crise sanitaire.

Mi-août, néanmoins, la tendance s’inverse du fait notamment d’un fort engouement pour la vaccination. Si la courbe a recommencé à grimper de nouveau en cette fin d’année, la situation demeure loin d’être aussi alarmante qu’en juillet.

Fodé B. CAMARA

28 décembre 2021


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article