"LE TIERS DES NOUVEAUX CAS EST CAUSÉ PAR CE VARIANT DELTA"

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Pr Souleymane MBOUP (Iressef)

Comme dans beaucoup de parties du monde, le variant Delta ou variant Indien domine au Sénégal. D’après les estimations fournies par le Professeur Souleymane Mboup qui dirige le laboratoire de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formations (IRESSEF), il constitue 30% des nouvelles contaminations. D’où la vitesse de propagation de cette 3e vague qui s’est amorcée depuis mai dernier.

Pr Mboup s’est prononcé à la suite du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, après la réunion du Comité national de gestion des épidémies (CNGE), ce jeudi, 15 juillet.

« Depuis le début de la pandémie, nous avons toujours insisté sur la surveillance épidémiologique et la surveillance des variants, a-t-il rappelé. Nous avions mis en place une stratégie. Cette stratégie nous a permis de définir les différents variants dans les trois vagues qu’on a connues au Sénégal. »

D’abord, « dans la première vague, sur à peu près 300 échantillons, nous n’avions pas retrouvé de mutations majeures. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas de préoccupations », a-t-il souligné. Ensuite, « dans la deuxième vague, nous avions séquencé 600 échantillons. Et là, nous avions trouvé à peu près 40 variants mais les variants dits préoccupants, nous en avions surtout des variants Alpha (britannique)."

40 VARIANTS TROUVÉS DANS 600 ÉCHANTILLONS SÉQUENCÉS

Enfin, « dans cette troisième vague, nous avons commencé à caractériser mais d’une façon différente. C’est-à-dire, dans la première phase, c’était juste une expérience alors que dans la deuxième phase, chaque semaine maintenant, tous les positifs que nous avons à IRESSEF, nous en faisons un tamisage pour chercher de potentiels variants et après, nous les caractérisons et nous pouvons donner les résultats dans les 12 à 24 heures. »

Le constat qu’il fait, c’est que dans cette troisième vague, il y a presque une disparition du variant Alpha. « Ce qui prédomine maintenant, c’est le variant Delta, qui, dans nos derniers échantillons, constituent pratiquement 30% des cas de nouvelles infections. Cela veut dire qu’actuellement, selon nos chiffres, un tiers des nouvelles infections est dû à ce variant Delta. »

Un point important à souligner, vu la rapidité de propagation du variant Delta. « Par exemple, en Afrique du Sud, ils avaient le variant majeur qui était le variant Alpha, souligne Pr Mboup. Et, ils sont partis en deux mois du variant Delta, a plus de 60%. En France, ils sont à 43%. C’est cela qui explique la rapidité de la propagation du virus et l’augmentation du nombre de cas. Cela veut dire que toutes les mesures qui avaient été prises jusqu’à présent doivent être renforcées. Parce que nous sommes devant un virus beaucoup plus contagieux », a-t-il détaillé.

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