LE VIRUS NE PASSERA PAS PAR MOI !

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CONTRIBUTION

C’est peut-être l’effet du confinement ou plutôt de l’auto confinement, mais aujourd’hui j’ai vraiment besoin de partager ; partager mes angoisses ; partager mes sentiments à propos de ce diable de coronavirus, qui a fini de fermer la Mecque et Medina, Rome et Jérusalem, les mosquées, les églises, les synagogues ; ce minus invisible qui empêche les paysans d’aller au champ, les bergers d’amener paître leurs troupeaux, , l’exploitant de pétrole d’aller sur sa plateforme, les usines de transformer les produits, en un mot, qui empêche le monde de continuer à tourner.

Et pourtant c’est nous qui transportons ce prédateur invisible à l’œil nu. Seulement en sommes-nous réellement conscients ? Quand, comme moi, vous vous evertuez à respecter les mesures édictées par les autorités en charge de la gestion de cette pandémie de covid 19, vous êtes taxé de toubab ou bien de couard (dafa ragal fébar, dafa ragal dé). En d’autres termes, il a peur de la maladie ou bien il a peur de la mort.

Après avoir été guéri d’un neuropaludisme qui m’a occasionné un coma de cinq jours puis un traitement à la chloroquine pendant un dizaine d’années à chaque hivernage, ce n’est pas la maladie qui me fait peur. Je ne peux pas non plus fuir la mort qui viendra à son heure, comme cela a été prévu bien avant ma naissance. Mon unique souci est de refuser que ce coronavirus passe par moi pour accomplir sa sale besogne. D’ailleurs, de tous les slogans agités ces dernières semaines dans cette ambiance de pandémie dans les supports de communication voilà celui que je me suis approprié : "le virus ne passera pas par moi".

Imaginons un instant que la situation perdure, comme ça risque d’être le cas avec la tendance actuelle prise par la transmission communautaire. Dans un avenir plus ou moins lointain, les greniers vont se vider et les paysans (dans tous les pays s’entend) n’auront rien à récolter confinés qu’ils étaient au moment où ils devaient semer ; les compagnies de pétrole ne pourront plus nous fournir l’énergie nécessaire à nos compagnies d’électricité parce que les exploitants confinés n’ont pas foré ; la distribution de l’eau n’en parlons pas faute de courant électrique. On verra peut-être des milliardaires avec des mallettes d’argent essayer, en vain, de trouver une boîte de pâtes ou un kilogramme de riz pour tromper leur faim. Scénario d’Apocalypse me direz-vous, ou même élucubrations comme effet du confinement. Vous avez peut-être raison.

Par Moustapha DIOP (RTS)

En tout cas, je lance mon appel à mes compatriotes : oublions la maladie, oublions la mort, notre combat est d’arrêter la propagation du virus. Respectons les mesures barrières, restons chez nous. En cas de déplacement impératif portons un masque.

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