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"LE VOTE ET LE SENS D’UN VOTE"*

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J’ai lu, çà et là, des posts faisant état de communes ou départements perdus par tel parti ou coalition. Je crois à une autre lecture. Dans chacune de ces élections, gardons encore à l’esprit le rôle joué par les électeurs. Certains citoyens n’ont pas jugé utile d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Pourquoi et combien sont-ils ? D’autres sont inscrits mais ne sont pas en possession de leur carte. Pourquoi et combien sont-ils ? Certains détenteurs de carte d’électeur n’ont pas fait le déplacement vers les bureaux de vote. Pourquoi et combien de nos concitoyens ont fait ce choix ? C’est leur droit. Le contribuable a pourtant fait imprimer leur bulletin de vote. Ils n’ont pas été utilisés mais n’ont pas été perdus car ils finiront dans les poubelles après avoir servi comme enveloppes aux vendeurs de cacahuètes. Des citoyens sénégalais sont allés voter. Sont-ils plus responsables, valeureux et exemplaires que tous les autres ? Par leur choix, certains pensent qu’ils ont contribué à priver de leur suffrage les élus descendant de charge. D’autres, moi y compris, pensent qu’ils ont parié sur de nouveaux hommes pour répondre à leurs attentes au niveau local ou communautaire. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Le politique déchu a-t-il perdu ? Le mandat électif qu’il a exercé lui avait tout simplement été prêté pour 5 ans et n’était pas sa propriété. Les biens mobiliers et immobiliers et services qu’il a administré sous ce mandat sont les propriétés de la communauté. Quiconque en use ou abuse à des fins personnelles s’expose à rendre compte devant les organes de contrôle et les juridictions de la République. Je pense simplement que ceux qui sont descendus de charge n’ont simplement pas réussi à convaincre d’être réélu. A leur place, pour apprendre de mes échecs, sans m’attarder chez de quelconques devins ou laudateurs et griots, j’aurais essayé de comprendre pourquoi. Le politique élu a-t-il gagné ? Non, il a tout simplement réussi à convaincre de parier sur lui. Il gagnera quand il aura, au soir de la fin de son mandat, convaincu d’avoir exécuté le programme qu’il avait promis. Je mesure avec gravité la responsabilité qui est la leur face aux attentes et espoirs placés entre leurs « mains périssables ».

A leur place, je n’écouterais aucun devin, aucun laudateur, aucune coterie partisane surexcitée, Je n’aurais aucun état d’âme et chercherais à n’avoir que des états de service remplis. L’électeur a-t-il perdu ? Non, car il a engrangé tous les acquis de la gouvernance précédente. Si ces acquis étaient négatifs, ils seront autant d’apprentissages. A leur place, je me garderais bien de regarder dans la poche des perdants pour crier au voleur. Si j’avais quelque preuve documentée de prédation, je m’en serais ouvert aux organes de contrôle et à la presse en brandissant des preuves et non de simples allégations. L’électeur a-t-il gagné ? Pas encore car il sort avec des espoirs pleins la tête et des promesses pleines les oreilles. A sa place, je ne serais pas un simple spectateur prêt à compter les points. Je joindrais la parole aux actes et serais un acteur bénévole pour bâtir la cité et m’offrir en modèle en pratiquant la propagande par l’exemple.

Quand est-ce que l’on sortira de cette campagne électorale permanente ?

Et si on envisageait de réunir toutes les élections en une semaine durant laquelle le vote serait obligatoire ? Une semaine durant laquelle seraient élus : le président de la République, les députés, les conseillers municipaux et départementaux. Et si le vote était électronique ? Créer une application de vote est un jeu d’enfant pour les informaticiens. Les bureaux pourraient être ouverts de 8 h à 20h pendant une semaine. Les ordinateurs sont capables de reconnaître, sans ambiguïté, l’électeur, de choisir avec lui sa langue, ses élus et que sais-je encore. Des économies substantielles pourraient être faites en ressources structurelles, humaines, matérielles et financières. Les résultats pourraient être instantanés et difficilement contestables. Et si, passée cette fièvre politique quinquennale, on renvoyait tous les citoyens au travail ? Que les élus s’acquittent de leurs promesses, que les médecins retournent auprès de leur patients, les enseignants auprès des apprenants, les journalistes à « L’INFORMATION », etc. Et si, passées ces grandes joutes, on obligeait tous les citoyens, pendant 4 ans, à arrêter de nous prendre en otage dans des campagnes interminables pour nous vendre leurs projets politiques ?

Et si, à la cinquième année, on permettait aux élus de rendre compte de leurs bilans et aux « candidats » de nous « vendre » leur programme ? Chers amis, je ne suis ni un professionnel du droit constitutionnel ou du droit administratif. Je suis un simple citoyen qui a baigné dans des leçons d’instruction civique du primaire au secondaire. J’ai admiré plusieurs exemples rencontrés durant mes séjours de formation à l’étranger. J’ai écouté des tribuns magnifier la Res Publica au sens romain du terme : la chose publique. Si vous pensez que ce ne sont là qu’élucubrations d’un vieux soldat qui étale une naïveté, témoin d’une « virginité politique », alors oubliez tout ce que je viens d’écrire et que Dieu garde le Sénégal. Si, par contre, vous pensez que ces propos peuvent servir de base à une action citoyenne, je ne souhaite ni la garder pour moi ni en faire un moyen d’accès à une quelconque gouvernance ou prébende de quelque nature. Vive le Sénégal, Vive la République.

*Le titre est de la Rédaction

31 janvier 2022


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