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LES AGRESSEURS D’UN BOUTIQUIER ENCOURENT LA PERPÉTUITÉ

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Une affaire de vol en réunion commis la nuit avec violence et d’association de malfaiteurs a été jugée, ce mardi, à la barre de la chambre criminelle de Dakar. Le plaignant Mamadou Y. Diallo, boutiquier de son état, a narré avoir été attaqué par une bande constituée de jeunes garçons alors qu’il s’apprêtait à fermer sa boutique. "L’un d’entre eux avait une machette et il m’a asséné un coup au doigt. Les autres avaient des armes blanches. Ils ont emporté ma recette journalière qui s’élevait à 200.000 francs. Ils ont caché le butin et leurs armes après leur forfait", a dit le boutiquier. Poursuivant sa narration des faits, il a soutenu que les agresseurs présumés ont été arrêtés après une course poursuite.

Conduits à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour y être jugés, les accusés ont nié, tour à tour, les faits qui leur sont reprochés. A les croire, ils se sont retrouvés la nuit des faits pour se rendre à une cérémonie religieuse communément appelée "Thiant". " Lorsque j’ai quitté notre domicile, je suis partie à la rencontre de mes deux acolytes. Ainsi, nous avons décidé d’aller à des Thiants à la Cité sapco. C’est en cours de route que des individus nous interpellent en nous disant qu’une agression vient de se produire. On nous a ensuite conduit devant la boutique avant de demander à la victime est ce qu’il nous reconnaissait. Ce dernier a répondu par la négative", a déclaré Wade.

Ses acolytes, Amadou et El Hadji ont abondé dans le même sens. Toutefois, ils indiquent qu’ils n’étaient pas armés au moment de leur arrestation. Il faut dire que les constatations faites par la gendarmerie ont conclu qu’il n’y avait pas de cérémonie religieuse dans la zone la nuit des faits. Entendu en qualité de témoin dans cette affaire, Souleymane a confié à la chambre : "cette nuit là, j’étais dans ma chambre en train de réviser mes leçons. Soudain, j’entends des bruits suspects. Lorsque j’ai rejoint le balcon pour s’enquérir de la situation, j’ai vu la victime et El Hadji qui venaient de sortir de la boutique. Trois secondes après, ses comparses sortent des lieux. El Hadji détenait un couteau. J’ai sauté du balcon tout en criant pour ameuter le voisinage. Au cours de la course poursuite, ils ont pris la direction de la forêt. Nous nous sommes divisés en deux groupes pour les appréhender".

Invité à faire son réquisitoire dans cette affaire, le maître des poursuites a requis le maximum c’est-à-dire la réclusion à perpétuité. Selon lui, les mis en cause ont été formellement identifiés. "Ils avaient des armes et ils ont blessé la victime au doigt et au pied. Ils ont été poursuivis par la clameur publique. Et l’identification n’a jamais posé de problème", a dit le maître des poursuites. Pour finir, les avocats de la défense ont plaidé pour l’acquittement au bénéfice du doute. Selon les robes noires, il n’y a pas suffisamment de preuves pour établir la culpabilité des accusés. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 15 février prochain.

Cheikh Moussa SARR

2 février 2022


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