LES ARTISTES PERDENT LE PARI DE LA MOBILISATION, LES TÉNORS MANQUENT À L’APPEL

news-details
MANIF PLACE DE LA NATION

Souvent occupée par les hommes politiques du pays, la place de l’Obélisque a, ce mercredi, reçu des hôtes spéciaux. Elle a été envahie par les artistes qui y ont convergé pour manifester contre les arrêtés du ministère de l’intérieur, interdisant l’ouverture des lieux de spectacle au-delà de 00H. Les artistes ont ainsi bravé l’autorité préfectorale en organisant leur sit-in qui, initialement, a été interdit. Aucun dispositif sécuritaire n’a été constaté sur les lieux. Il n’y a même pas un policier pour assurer la sécurité des artistes. Les forces de l’ordre avaient quitté la place qu’ils ont cédé aux artistes.

Mais, les artistes n’ont pas gagné le pari de la mobilisation. Elle a été timide. Les rappeurs étaient plus nombreux. Ceux qui ont pris part à cette manifestation ont essayé de respecter les gestes barrières mais, cela n’a pas été possible. La distanciation physique n’a pas été respectée. Des groupes de personnes étaient formés çà et là. Et dans ce méli-mélo, ils se sont fait entendre. Sur les pancartes qu’ils brandissaient on pouvait lire certains messages, tels que « On a tous droit au travail », « Rendez-nous notre dignité », « Annulation des dettes fiscales des artistes et des entreprises de presse ».

Venue prendre part à cette rencontre, Ngoné Ndour a expliqué les revendications des artistes. Lesquelles sont entre autres l’allègement fiscal des entreprises culturelles, l’annulation de la dette fiscale des entreprises culturelles, la mise en place de la commission de contrôle, l’indemnisation des acteurs culturels et l’ouverture des salles de spectacles.

Selon elle, les artistes ne sont pas dans les dispositions de déposer les armes. « Nous allons continuer le combat. Nous irons jusqu’au bout », prévient-elle. Pour sa part, Alias Diallo, "El Capo de la Salsa", estime que c’est anormal qu’on interdise aux artistes de travailler alors que tous les autres secteurs sont en activité. « Il faut qu’on nous laisse travailler. Nous avons des familles et des enfants à prendre en charge. Nous ne réclamons rien d’autre que l’ouverture des salles de spectacles. Le mois de décembre est la période des artistes, qu’on nous laisse au moins finir l’année en beauté », a plaidé le chanteur de salsa.

Le rappeur Xuman a abondé dans le même sens. « Ce sit-in est symbolique. La chose la plus importante c’était de marquer le coup et on l’a fait. Maintenant, la balle est dans le camp des autorités. Nous espérons qu’elles prendront en compte nos revendications ».

Le leader de Setsima Groupe n’a pas raté ce sit-in. Alioune Mbaye a marqué sa présence à cette manifestation. « On veut travailler. Ce n’est pas évident de rester des mois sans rien faire. Nous n’avons que notre art pour vivre. Nous sommes responsables et nous ne favorisons pas la propagation de la maladie. Nous demandons juste aux autorités de nous encadrer afin qu’on puisse dérouler nos activités. Nous leur demandons d’alléger les mesures », chante-t-il. L’artiste comédien, Ibrahima Mbaye Sopé n’a pas dérogé à la règle. Il a, à l’instar des autres artistes, plaidé pour l’allègement des mesures afin de permettre aux artistes de vivre de leur art.

En effet, il faut signaler que des ténors de la musique sénégalaise n’ont pas pris part à cette manifestation. Parmi ces derniers on peut citer Pape Diouf, Waly Seck, Viviane, Coumba Gawlo Seck, Youssou Ndour, Thione Seck, entre autres.

Vous pouvez réagir à cet article