LES AVOCATS DE L’ÉTAT MENACENT

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AFFAIRE KARIM WADE

Les avocats de l’Etat du Sénégal ont, ce mercredi, fait face à la presse pour, disent-ils, apporter leur part de vérité sur le contenu et la portée de la décision du Comité des Nations unies des droits de l’homme. D’emblée, les avocats ont constaté, pour le regretter, que depuis sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Karim Wade fait dans la manipulation dans le seul but de discréditer la justice sénégalaise pour son intérêt personnel. « La décision de la Crei est irrévocable suite au rejet du pourvoi introduit par Karim Wade devant la chambre de la Cour suprême le 20 Août 2018 », a déclaré l’ancien bâtonnier Me Moussa Felix Sow. Qui indique que le comité, après avoir rappelé le principe de la réparation intégrale du préjudice, a invité l’Etat du Sénégal à réexaminer la déclaration de culpabilité et de condamnation de Karim Wade et à veiller à ce que de telles violations analogues ne se reproduisent pas à l’avenir.

« Il est archi-faux de faire croire que la décision s’impose au Sénégal et que celle-ci suspend la condamnation de Karim Wade », a soutenu Me Sow. A l’en croire, les conseils de l’Etat ont 180 jours pour répondre le comité et ils prendront le temps nécessaire pour le faire. « On répondra. Il y a un dialogue permanent entre l’Etat et le comité. L’Etat fera tous les efforts nécessaires pour communiquer et dialoguer avec tous les comités qui sont intéressés par cette affaire », rassure-t-il non sans faire savoir que les recommandations du comité n’ont pas d’effets juridiques contraignants. Pour lui, le fils de l’ancien chef de l’Etat est conscient que l’article L31.2 l’empêche d’être inscrit sur les listes électorales pour avoir été condamné à une peine supérieure à 5 ans de prison. « Le Constat est que chaque fois qu’un col blanc est poursuivi pour blanchiment, détournement de deniers publics pu enrichissement illicite, il fait tout pour discréditer un système judiciaire. L’Etat du Sénégal a opté pour la lutte contre la corruption et rien ne le détournera de cette option de promouvoir la bonne gouvernance », prévient Me Sow.

« Si Karim Wade devient président... »

Pour sa part, l’ancien bâtonnier Yérim Thiam n’est pas allé par quatre chemins pour laisser entendre que Karim Wade ira en prison une fois qu’il mettra les pieds au Sénégal s’il ne paie pas l’amende de 138 milliards de francs Cfa qui lui été infligée. « Nous souhaitons qu’il vienne et nous allons exécuter la contrainte par corps », menace Me Thiam. Qui pense qu’au lieu de réclamer ses droits civils, Karim Wade doit d’abord s’acquitter de la dette due aux sénégalais. « Qu’il rembourse ce qu’il doit à l’Etat, ce qu’il doit aux sénégalais. Quelqu’un qui doit de sommes colossales à l’Etat issue d’une condamnation pénale ne devrait pas penser à être président au Sénégal. Si Karim Wade devient président du Sénégal, on aura Bibo Bourgi comme Premier ministre et Mamadou Pouye comme ministre des Finances », a souligné Me Thiam qui réitère que la décision de la CREI sera jamais annulée.

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