« LES BANQUES SONT EN SURLIQUIDITÉ ET LES POPULATIONS NE LE RESSENTENT PAS »

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LR DU TEMPS

La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a fait l’évaluation de 25 banques établies au Sénégal et quatre établissements financiers. Les résultats du rapport ont fait savoir qu’il y a plus de 7 mille milliards francs CFA dans les banques qui sont au Sénégal. Lesquelles ont progressé d’un point de vue financier. Mais, la question que tout le monde se pose est de savoir comment se fait-il qu’une telle masse monétaire puisse circuler au Sénégal sans que les entreprises sénégalaises en bénéficient ? Les invités d’Alassane Samba Diop à l’émission LR du temps (90.3) en l’occurrence le professeur d’Economie et des Finances à la Faseg Oumar Ba et le sociologue et non moins patron de l’IPAR Cheikh Oumar Ba ont essayé d’apporter des réponses à cette interrogation.

D’après le professeur, le rapport de la BCEAO c’est l’ensemble des ressources détenues par le système bancaire au niveau du Sénégal. Autrement dit, c’est l’encourt des ressources financières. Ainsi, il estime que l’importance de ces ressources devrait répondre à des objectifs de besoin. Ce, d’autant que la vocation du système bancaire, c’est de financer l’économie. Mais, constate-t-il pour le regretter, les banques sont en surliquidité et, les populations ne le ressentent pas. « La vocation d’une banque c’est de financer l’économie. Et financer l’économie c’est financer les entreprises et les besoins des particuliers », a soutenu le professeur d’Economie à la Faseg. Qui indique que le développement économique d’un pays reposera sur le financement des entreprises du secteur privé. Et le financement de ces entreprises doit nécessairement passer par les banques puisque ce sont les entreprises qui vont créer de la richesse. « Donc, il faudra donner beaucoup de moyens et de ressource aux entreprises. La banque centrale devrait faire cela. Il faudrait que nous arrivions à ce que les banques qui ont beaucoup de ressources utilisent un bon placement desdites ressources dans les marchés financiers où il y a moins de risque. Il faudrait que ces ressources bancaires reviennent au financement de l’économie puisque lorsqu’un Etat lance un emprunt sur le marché, les ¾ sont des banques qui rachètent les obligations d’Etat. Ce qui veut dire que les ressources bancaires devraient être tournées vers les entreprises », a fait savoir Oumar Ba.

La banque centrale doit s’avancer vers une baisse progressive du taux directeur

Poursuivant, il estime qu’il faudrait qu’il ait un système mis en place pour limiter l’intervention des banques sur les marchés financiers destinés aux obligations d’Etat. « Le Pib se développera lorsque les entreprises vont développer beaucoup plus de richesse. C’est à la banque centrale de s’avancer vers une baisse progressive du taux directeur », indique-t-il.

Abondant dans le même sens, le sociologue Cheikh Omar Ba pense que si les banques sont en sur-liquides, il faudrait qu’on arrive, aujourd’hui, à trouver des mécanismes pour que les populations puissent sentir que les ressources financières peuvent les aider à développer leurs projets. Ce qui, à son avis, n’est pas le cas toujours. « Si on veut aller vers l’émergence, il faudrait qu’on questionne cette surliquidité des banques mais en sachant aussi que c’est difficile parce que les banques ont leur autonomie. Si on voulait avoir plus de quiétude, plus de stabilité dans les pays, il faudrait aider les jeunes à trouver de l’emploi. Il faudrait qu’on amène les banques à financer l’économie en imposant qu’elles financent entre 40 à 50% de l’activité économique de base. Ce qui veut dire qu’au niveau secteur de l’agriculture de petites unités de transformations pourraient être utilisées », a soutenu le sociologue.

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