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LES CANDIDATS AU BAC DÉSEMPARÉS

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Fallou Fall, en classe de Terminale L’, badine avec ses camarades. Mais, le cœur n’y est pas. Le candidat qui est en tenue devait passer les épreuves physiques du Baccalauréat ce mercredi 1er juin. Sauf que l’examen n’a pas eu finalement lieu. Les professeurs d’Éducation physique et sportive (EPS) ont mis leur menace à exécution, mettant le gouvernement au banc des accusés, pour non-respect des accords signés le 26 février dernier.

Alors qu’ils étaient venus passer l’examen, épreuve anticipée du Bac, Fallou Fall et ses camarades du Lycée Blaise Diagne, étaient réduits à encore répéter leurs gammes, à cause du boycott des enseignants grévistes.

Interpellé sur cette situation, le candidat ne mâche pas ses mots, au micro d’Emedia.sn. De l’inquiétude transparait dans ses propos. « L’épreuve physique devait démarrer ce matin mais elle n’a pas eu lieu. Je pense que tout le monde en connait la raison. » Dans son argumentaire, il n’épargne pas l’État du Sénégal. « Je comprends les professeurs. Ce sont des pères et des mères de famille avant tout. Ils paient le loyer et tout. L’État doit vraiment mieux les considérer, surtout avec le coût de la vie, je trouve ».

Selon ce dernier, qui évoque les opérations de cash transfert lancées le 10 mai 2022, par le chef de l’État, Macky Sall, avec les 80 mille FCFA offerts aux chefs de ménage, les fonds (plus de 43 milliards F CFA) devaient être alloués aux enseignants pour satisfaire leurs revendications.

En attendant une issue de sortie, Fallou Fall est si découragé qu’il a opté, dès à présent, parlant de son avenir, pour la formation et non aller à l’Université, arguant qu’il traine déjà « beaucoup de retard » après une série de grèves cycliques.

Astou Mbaye, également en classe de Terminale au même Lycée, en a gros sur le cœur. Elle se dit même « désespérée ». Pour elle, s’adressant aux autorités étatiques, « il ne suffit pas de créer des écoles seulement, mais il faudrait un suivi, mettre apprenants et enseignants dans les conditions optimales » surtout, insiste-t-elle, dans les établissements publics.

« Ça fait trop mal la situation, avoue-t-elle, le ton dur. Les élèves souffrent dans les écoles publiques. Imaginez, dans une classe de Terminale, on fait deux mois de cours, un mois de grève. C’est dans ces conditions qu’on doit faire le BAC, le 14 juin. Et nous, on n’a même pas fini le programme ».

Elle poursuit : « A moins d’un mois normalement on devrait finir le programme pour avoir du temps pour réviser, traiter des sujets du BAC passés, pour mieux se préparer à l’examen mais nous n’avons pas pu. Pire, nous ne savons même pas quand est-ce que nous allons reprendre le programme. Nous sommes là à attendre au même moment les élèves du privé avancent. Ce n’est pas juste ».
Astou Mbaye qui refuse d’être l’agneau du sacrifice, termine, en soulignant, qu’elle compte sur son « investissement personnel » pour réussir.

Dié BA

1er juin 2022


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